Arrêt cardio-circulatoire
6 questionsVous êtes témoin de la chute brutale d'un homme de 60 ans sur la voie publique. Il est inconscient, ne répond pas aux stimulations verbales et vous ne percevez pas de mouvement thoracique visible après avoir basculé sa tête en arrière pendant 10 secondes. Un défibrillateur automatisé externe n'est pas encore disponible. Quelle est la mesure à entreprendre immédiatement ?
- AAttendre l'arrivée des secours spécialisés avant tout geste
- BDébuter des compressions thoraciques à une fréquence de 100 à 120 par minute
- CMettre la victime en position latérale de sécurité et surveiller
- DRechercher le pouls carotidien pendant 10 secondes avant toute autre manœuvre
- EPratiquer la manœuvre de Heimlich à la recherche d'un corps étranger
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Chez un adulte inconscient qui ne respire pas ou présente une respiration anormale (gasps), le diagnostic d'arrêt cardio-circulatoire est posé sans attendre la recherche du pouls, geste peu fiable même pour un professionnel. La prise en charge immédiate repose sur le déclenchement de l'alerte et le début sans délai des compressions thoraciques, qui priment sur toute autre manœuvre. L'objectif est de maintenir un débit sanguin coronaire et cérébral minimal en attendant la défibrillation.
- A. Attendre les secours sans débuter la réanimation de base retarde une prise en charge vitale et diminue les chances de survie.
- C. La position latérale de sécurité est réservée à une victime inconsciente qui respire normalement.
- D. La recherche du pouls n'est plus recommandée en premier lieu car elle retarde le massage et manque de fiabilité.
- E. Aucun signe d'obstruction des voies aériennes par corps étranger n'est décrit dans ce tableau.
Lors de la prise en charge d'un arrêt cardio-circulatoire, le scope connecté aux électrodes du défibrillateur montre un tracé irrégulier, anarchique, sans complexes QRS individualisables, d'amplitude variable. Quel est le rythme correspondant à ce tracé ?
- ABloc atrio-ventriculaire complet
- BAsystolie
- CFibrillation ventriculaire
- DTachycardie ventriculaire monomorphe
- ERythme sans pouls de type activité électrique sans pouls
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La fibrillation ventriculaire se caractérise par une activité électrique ventriculaire anarchique, rapide et désorganisée, sans complexes QRS reconnaissables ni activité mécanique efficace. C'est un rythme choquable nécessitant une défibrillation immédiate. Elle se distingue de l'asystolie, qui correspond à une ligne quasiment plate, et de la tachycardie ventriculaire, qui garde des complexes larges organisés et réguliers.
- A. Le bloc atrio-ventriculaire complet montre une dissociation entre ondes P et QRS organisés, non un tracé anarchique sans complexes.
- B. L'asystolie se traduit par une ligne électrique quasi plate, sans activité ventriculaire organisée ni anarchique visible.
- D. La tachycardie ventriculaire monomorphe présente des complexes larges réguliers et identiques, contrairement à ce tracé désorganisé.
- E. L'activité électrique sans pouls correspond à un tracé organisé (souvent proche de la normale) sans efficacité hémodynamique, non à un tracé anarchique.
Un patient est en arrêt cardio-circulatoire sur asystolie. La réanimation cardio-pulmonaire est en cours depuis son installation. Selon les recommandations françaises, quelle est la modalité d'administration de l'adrénaline à utiliser ?
- A1 mg en intraveineux direct, renouvelé toutes les 3 à 5 minutes
- B1 mg en intramusculaire, renouvelé toutes les 5 minutes
- C0,5 mg en intraveineux direct en dose unique
- D5 mg en intraveineux direct, renouvelé toutes les 10 minutes
- E1 mg en sous-cutané, renouvelé toutes les 3 minutes
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L'adrénaline est administrée dès que possible en cas de rythme non choquable, à la dose de 1 mg par voie intraveineuse (ou intra-osseuse si l'abord veineux est impossible), renouvelée toutes les 3 à 5 minutes tant que l'arrêt persiste. Son effet alpha-adrénergique augmente les résistances vasculaires périphériques et améliore la pression de perfusion coronaire et cérébrale pendant les compressions thoraciques. La voie intramusculaire ou sous-cutanée n'a pas sa place dans l'arrêt cardiaque, où un effet rapide est indispensable.
- B. La voie intramusculaire n'assure pas une diffusion assez rapide pour ce contexte d'urgence vitale.
- C. La dose de 0,5 mg est insuffisante et une administration unique ne permet pas de maintenir l'effet pharmacologique.
- D. La dose de 5 mg n'est pas celle recommandée en routine et l'intervalle de 10 minutes est trop long.
- E. La voie sous-cutanée est inadaptée en situation d'arrêt circulatoire du fait d'une résorption trop lente et aléatoire.
Un patient présente une fibrillation ventriculaire confirmée sur le scope lors d'un arrêt cardio-circulatoire. Un défibrillateur manuel est disponible. Quel est le mécanisme attendu de la délivrance d'un choc électrique externe à ce stade ?
- ADépolariser simultanément l'ensemble des cellules myocardiques pour permettre la reprise d'une activité électrique organisée
- BRestaurer directement un débit cardiaque efficace sans passer par une nouvelle activité électrique
- CAugmenter directement la contractilité myocardique par stimulation bêta-adrénergique
- DLever un spasme coronaire responsable de l'ischémie myocardique aiguë
- ERalentir la conduction au niveau du nœud atrio-ventriculaire pour permettre une resynchronisation
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Le choc électrique externe délivre une énergie suffisante pour dépolariser simultanément la totalité des cellules myocardiques excitables, interrompant ainsi les circuits de réentrée anarchiques de la fibrillation ventriculaire. Cette dépolarisation globale laisse ensuite la possibilité au nœud sinusal, pacemaker naturel le plus rapide, de reprendre le contrôle du rythme cardiaque. Le choc ne restaure pas lui-même la fonction de pompe, mais crée les conditions électriques d'une reprise d'activité organisée, qui doit ensuite s'accompagner d'une reprise mécanique efficace.
- B. Le choc électrique ne restaure pas directement le débit cardiaque, il crée les conditions d'une reprise d'activité électrique organisée.
- C. Le choc électrique n'agit pas par un mécanisme pharmacologique bêta-adrénergique mais par une dépolarisation électrique globale.
- D. Le mécanisme de la fibrillation ventriculaire n'est pas un spasme coronaire et le choc n'agit pas sur la circulation coronaire.
- E. La défibrillation ne cible pas le nœud atrio-ventriculaire et ne vise pas une resynchronisation de type bloc.
Une femme de 45 ans est prise en charge pour un arrêt cardio-circulatoire survenu brutalement au cours d'une pose de voie veineuse centrale jugulaire interne droite. Après plusieurs minutes de réanimation cardio-pulmonaire bien conduite, l'absence de reprise d'activité circulatoire persiste. L'auscultation thoracique révèle une abolition du murmure vésiculaire du côté droit avec une distension de la paroi thoracique homolatérale. Quelle cause réversible doit être évoquée en priorité ?
- AEmbolie pulmonaire massive
- BHypovolémie aiguë
- CHyperkaliémie sévère
- DTamponnade péricardique
- EPneumothorax compressif
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Le contexte de pose de voie veineuse centrale jugulaire associé à une abolition unilatérale du murmure vésiculaire et une distension thoracique du même côté est très évocateur d'un pneumothorax compressif, complication mécanique classique de ce geste. Cette cause réversible fait partie des 4T (pneumothorax compressif, tamponnade, toxiques, thrombose) à rechercher systématiquement devant tout arrêt cardiaque réfractaire. Le traitement en urgence repose sur une exsufflation ou un drainage thoracique immédiat, geste salvateur qui doit être réalisé sans délai.
- A. L'embolie pulmonaire massive ne s'accompagne pas typiquement d'une asymétrie auscultatoire avec distension thoracique.
- B. L'hypovolémie aiguë n'explique pas une abolition localisée du murmure vésiculaire avec distension pariétale.
- C. L'hyperkaliémie se manifeste par des anomalies électrocardiographiques et non par des signes pleuraux localisés.
- D. La tamponnade péricardique ne donne pas d'abolition unilatérale du murmure vésiculaire ni de distension thoracique homolatérale.
Un homme de 70 ans est pris en charge pour un arrêt cardio-circulatoire survenu à domicile, non médicalisé initialement, avec un délai de prise en charge par les secours estimé à 25 minutes après la perte de connaissance. Après 30 minutes de réanimation cardio-pulmonaire spécialisée bien conduite, incluant intubation, ventilation et administration répétée d'adrénaline, le tracé reste en asystolie persistante, sans aucune cause réversible identifiée. Quelle est la décision la plus appropriée à ce stade ?
- APoursuivre la réanimation cardio-pulmonaire pendant au moins une heure supplémentaire de façon systématique
- BDébuter une assistance circulatoire extracorporelle en urgence sans autre critère
- CArrêter la réanimation cardio-pulmonaire en l'absence de reprise d'activité circulatoire spontanée
- DRéaliser un massage cardiaque interne par thoracotomie en urgence
- EAdministrer une nouvelle dose d'amiodarone pour tenter de restaurer un rythme choquable
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L'arrêt de la réanimation cardio-pulmonaire est justifié devant une asystolie persistante malgré une réanimation spécialisée bien conduite pendant une durée suffisante, associée à un no-flow prolongé et à l'absence de cause réversible identifiée et traitée. La persistance d'un tracé plat après 20 à 30 minutes de réanimation optimale, sans facteur de bon pronostic, signe un pronostic de récupération quasi nul et autorise l'arrêt des manœuvres. L'amiodarone n'a d'indication qu'en cas de rythme choquable, et l'assistance circulatoire extracorporelle ne se discute que dans des situations très sélectionnées avec no-flow court, ce qui n'est pas le cas ici.
- A. Une prolongation systématique sans réévaluation ni argument pronostique n'est pas justifiée et retarde une décision appropriée.
- B. L'assistance circulatoire extracorporelle n'est envisagée que dans des situations sélectionnées avec no-flow court, non remplies ici.
- D. Le massage cardiaque interne par thoracotomie n'est pas un geste de recours systématique et n'est pas indiqué dans ce contexte.
- E. L'amiodarone n'a d'indication qu'en présence d'un rythme choquable, ce qui n'est pas le cas devant une asystolie.
États de choc
7 questionsUn patient de 68 ans est amené aux urgences après un épisode de diarrhées profuses depuis 3 jours. La pression artérielle est à 82/50 mmHg, la fréquence cardiaque à 128 battements par minute, la fréquence respiratoire à 26 cycles par minute. Les extrémités sont froides et marbrées, le temps de recoloration cutanée est supérieur à 4 secondes, et le patient est confus. La diurèse des 6 dernières heures est estimée à 80 mL. Quel ensemble de signes permet d'affirmer l'état de choc chez ce patient ?
- AFièvre élevée associée à une tachycardie isolée
- BBradycardie isolée avec pression artérielle normale
- CHyperthermie avec extrémités chaudes et bien perfusées
- DHypotension artérielle, tachycardie, signes périphériques d'hypoperfusion et altération des fonctions supérieures
- EPolyurie associée à une hypertension artérielle
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L'état de choc se définit par une insuffisance circulatoire aiguë responsable d'une inadéquation entre les apports et les besoins tissulaires en oxygène, se traduisant cliniquement par une hypotension artérielle, une tachycardie compensatrice, des signes périphériques d'hypoperfusion tissulaire (extrémités froides, marbrures, allongement du temps de recoloration cutanée) et une altération des fonctions supérieures et de la diurèse. Ici, l'ensemble de ces critères est réuni avec une oligurie associée. Ces signes témoignent de la mise en jeu des mécanismes compensateurs et de la défaillance d'organes périphériques.
- A. Une fièvre avec tachycardie isolée peut se voir en dehors de tout état de choc et ne suffit pas à poser le diagnostic.
- B. Une bradycardie isolée avec pression artérielle normale n'est pas un tableau d'état de choc.
- C. Des extrémités chaudes et bien perfusées sont incompatibles avec les signes d'hypoperfusion périphérique attendus dans le choc.
- E. Une polyurie avec hypertension artérielle n'est pas compatible avec un état de choc, qui associe hypotension et oligurie.
Un homme de 34 ans est amené aux urgences après un accident de la route. Il présente une plaie profonde de la cuisse gauche avec saignement actif important. La pression artérielle est à 78/45 mmHg, la fréquence cardiaque à 128/min, la fréquence respiratoire à 26/min, et la SpO2 à 94 % en air ambiant. Le patient est pâle et confus. Quel est le geste thérapeutique à réaliser en priorité ?
- AIntubation orotrachéale et ventilation mécanique
- BAdministration d'acide tranexamique par voie intraveineuse
- CMise en place d'une voie veineuse périphérique de gros calibre et remplissage vasculaire
- DTransfusion de concentrés de globules rouges en urgence vitale
- ECompression manuelle directe ou pose d'un garrot sur le point hémorragique
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Devant un choc hémorragique, le premier geste est toujours l'arrêt de l'hémorragie, par compression manuelle directe ou garrot si la compression est inefficace ou impossible. Ce geste prime sur toute autre mesure car il traite la cause et limite l'aggravation du choc. Les autres mesures (voie veineuse, remplissage, transfusion) sont ensuite mises en œuvre en parallèle mais ne remplacent pas le contrôle de la source du saignement. La règle du contrôle hémorragique immédiat s'applique avant même l'évaluation hémodynamique complète.
- A. L'intubation n'est indiquée qu'en cas de détresse respiratoire ou de trouble de conscience sévère, non en première intention ici.
- B. L'acide tranexamique est utile dans l'heure suivant le traumatisme mais ne se substitue pas au contrôle mécanique du saignement.
- C. Le remplissage est essentiel mais secondaire au contrôle de l'hémorragie, qui doit être réalisé en premier.
- D. La transfusion est une mesure de réanimation secondaire, non un geste immédiat de premiers secours.
Un homme de 72 ans est admis pour un choc septique d'origine pulmonaire. La pression artérielle est à 80/50 mmHg malgré un remplissage vasculaire de 30 mL/kg, nécessitant l'introduction de noradrénaline. Le lactate artériel est à 4,2 mmol/L. Des hémocultures et un prélèvement respiratoire sont réalisés. Quel est le délai maximal recommandé avant l'administration de la première dose d'antibiotique probabiliste ?
- ADans les 6 heures suivant l'admission
- BAprès obtention de l'imagerie thoracique confirmant le foyer infectieux
- CDans les 3 heures suivant l'admission
- DAprès réception des résultats des hémocultures
- EDans l'heure suivant la reconnaissance du choc septique
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Les recommandations internationales (Surviving Sepsis Campaign) et françaises préconisent l'administration de l'antibiothérapie probabiliste dans l'heure suivant la reconnaissance du choc septique, car chaque heure de retard est associée à une surmortalité significative. Les prélèvements microbiologiques (hémocultures, prélèvements de site) doivent être réalisés avant l'antibiothérapie mais ne doivent pas en retarder l'administration. L'antibiothérapie est probabiliste, à large spectre, couvrant les germes les plus probables selon le point d'appel infectieux et le terrain, puis réévaluée à 48-72 heures selon les résultats microbiologiques.
- A. Ce délai est beaucoup trop long et expose à une surmortalité majeure en cas de choc septique.
- B. L'imagerie peut être réalisée en parallèle mais ne doit pas retarder l'antibiothérapie dans un contexte de choc septique.
- C. Ce délai correspond à une recommandation plus ancienne et moins stricte ; l'urgence du choc septique impose un délai d'une heure.
- D. L'antibiothérapie est probabiliste et ne doit jamais attendre les résultats microbiologiques, qui orientent seulement la désescalade ultérieure.
Un homme de 65 ans, aux antécédents d'infarctus du myocarde, consulte pour une dyspnée aiguë évoluant depuis 2 heures. L'examen retrouve une pression artérielle à 85/55 mmHg, une fréquence cardiaque à 110/min, des crépitants bilatéraux aux bases pulmonaires, une turgescence jugulaire et des marbrures des membres inférieurs. Les extrémités sont froides. Quel signe clinique permet de différencier ce tableau d'un choc hypovolémique ?
- ALa présence de marbrures cutanées
- BLa froideur des extrémités
- CL'hypotension artérielle
- DLa tachycardie à 110/min
- ELa turgescence jugulaire associée à des crépitants pulmonaires
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Le choc cardiogénique se distingue des autres états de choc par des signes de surcharge volémique et de congestion : turgescence jugulaire, crépitants pulmonaires bilatéraux, voire œdèmes des membres inférieurs, témoignant d'une pression de remplissage ventriculaire gauche et droite élevée. À l'inverse, le choc hypovolémique présente des veines jugulaires plates et une absence de crépitants, reflétant une hypovolémie efficace. Les marbrures, la tachycardie, la froideur des extrémités et l'hypotension sont des signes communs à tous les états de choc et ne permettent pas la différenciation étiologique. La prise en charge initiale du choc cardiogénique associe oxygénothérapie, traitement de la cause et inotropes si besoin, en évitant un remplissage vasculaire excessif.
- A. Les marbrures traduisent une hypoperfusion périphérique commune à tous les chocs, non spécifique du mécanisme cardiogénique.
- B. La froideur des extrémités témoigne d'une vasoconstriction périphérique commune aux chocs hypovolémique et cardiogénique.
- C. L'hypotension est un critère diagnostique commun à tous les états de choc, non discriminant.
- D. La tachycardie est une réponse compensatrice présente dans la plupart des états de choc.
Un patient de 45 ans est pris en charge pour un choc septique d'origine digestive. Une expansion volémique est décidée après évaluation hémodynamique. Quel soluté doit être utilisé en première intention pour ce remplissage vasculaire ?
- AGélatines fluides modifiées
- BSérum glucosé à 5 %
- CCristalloïdes isotoniques de type Ringer lactate ou sérum salé à 0,9 %
- DHydroxyéthylamidon à 6 %
- EAlbumine humaine à 4 %
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Les cristalloïdes isotoniques (Ringer lactate ou sérum salé isotonique à 0,9 %) constituent le soluté de première intention pour le remplissage vasculaire au cours des états de choc, notamment septique, selon les recommandations de la Surviving Sepsis Campaign et de la SFAR. Le Ringer lactate est souvent préféré au sérum salé isotonique car il expose à un moindre risque d'acidose hyperchlorémique. Les hydroxyéthylamidons sont contre-indiqués chez le patient septique en raison du risque accru d'insuffisance rénale aiguë et de surmortalité démontré dans plusieurs essais randomisés. Le sérum glucosé n'a pas d'indication dans le remplissage vasculaire car il diffuse rapidement hors du secteur vasculaire.
- A. Les gélatines ne sont pas recommandées en première intention en raison d'un rapport bénéfice-risque moins favorable que les cristalloïdes.
- B. Le sérum glucosé se répartit dans tout le secteur hydrique et n'a pas d'effet de remplissage vasculaire efficace.
- D. Les hydroxyéthylamidons sont contre-indiqués dans le sepsis en raison du risque d'insuffisance rénale aiguë.
- E. L'albumine n'est pas recommandée en première intention et reste réservée à des situations particulières.
Un patient de 58 ans présente un choc septique avec une pression artérielle moyenne à 55 mmHg malgré un remplissage vasculaire de 30 mL/kg de cristalloïdes isotoniques. Quel vasopresseur doit être introduit en première intention ?
- ADobutamine
- BDopamine
- CVasopressine
- DNoradrénaline
- EAdrénaline
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La noradrénaline est le vasopresseur de première intention recommandé dans le choc septique persistant malgré un remplissage vasculaire adéquat, selon la Surviving Sepsis Campaign et la SFAR. Son action alpha-adrénergique prédominante permet une vasoconstriction efficace pour restaurer la pression artérielle moyenne (objectif ≥ 65 mmHg) avec un meilleur profil de tolérance cardiaque que les autres catécholamines. La dopamine est associée à davantage d'arythmies et n'est plus recommandée en première intention. La vasopressine peut être ajoutée en second recours en cas de persistance de l'hypotension malgré des doses élevées de noradrénaline.
- A. La dobutamine est un inotrope indiqué en cas de dysfonction myocardique associée, non un vasopresseur de première intention.
- B. La dopamine expose à un risque accru de troubles du rythme cardiaque et n'est plus recommandée en première intention.
- C. La vasopressine est utilisée en association à la noradrénaline en seconde intention, non en monothérapie initiale.
- E. L'adrénaline est réservée en seconde ligne en cas d'échec de la noradrénaline, en raison d'effets métaboliques et arythmogènes plus marqués.
Un patient de 50 ans est admis pour un choc septique. Après remplissage vasculaire initial, la pression artérielle moyenne se normalise à 68 mmHg sous noradrénaline. Le lactate artériel initial était à 5,8 mmol/L. Quelle est la signification de ce dosage dans la prise en charge de ce patient ?
- AUne hyperlactatémie signifie que le patient doit recevoir une transfusion de concentrés érythrocytaires
- BLe lactate ne doit être dosé qu'une seule fois, au moment du diagnostic initial
- CLe lactate reflète uniquement la fonction hépatique et n'a pas de valeur pronostique
- DLe lactate est un marqueur spécifique de l'origine septique du choc
- EUne hyperlactatémie traduit une hypoperfusion tissulaire et constitue un marqueur de gravité nécessitant une surveillance de sa clairance
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Le lactate artériel est un marqueur de l'hypoperfusion tissulaire et de la dette en oxygène au niveau cellulaire, résultant d'un métabolisme anaérobie. Une hyperlactatémie supérieure à 2 mmol/L fait partie des critères de définition du choc septique dans la classification Sepsis-3, et son taux initial ainsi que sa cinétique sont des marqueurs pronostiques majeurs. Les recommandations préconisent de répéter le dosage du lactate pour suivre sa clairance, une diminution d'au moins 10 à 20 % en quelques heures étant associée à une évolution favorable, guidant ainsi l'efficacité de la réanimation hémodynamique. Le lactate n'est pas spécifique au sepsis et peut s'élever dans tout état de choc ou d'hypoperfusion tissulaire.
- A. L'indication de transfusion dépend du taux d'hémoglobine et du contexte clinique, non du seul taux de lactate.
- B. Le dosage répété du lactate est essentiel pour évaluer la clairance et l'efficacité de la réanimation, non une mesure unique.
- C. Le lactate traduit un métabolisme anaérobie tissulaire global, non une fonction hépatique isolée.
- D. Le lactate s'élève dans tout état de choc avec hypoperfusion tissulaire, qu'il soit septique, hémorragique ou cardiogénique.
Détresse respiratoire aiguë
6 questionsUn homme de 58 ans est amené aux urgences pour une dyspnée d'aggravation rapide depuis 24 heures. À l'examen : fréquence respiratoire à 34/min, utilisation des muscles sterno-cléido-mastoïdiens, tirage intercostal, respiration abdominale paradoxale, SpO2 à 86 % en air ambiant, fréquence cardiaque à 128/min, et le patient ne parvient plus à finir ses phrases. Quel signe clinique observé chez ce patient traduit un épuisement respiratoire imminent ?
- ALe tirage intercostal
- BLa fréquence respiratoire à 34/min
- CLa SpO2 à 86 %
- DLa respiration abdominale paradoxale
- ELa tachycardie à 128/min
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La respiration abdominale paradoxale (asynchronisme thoraco-abdominal) traduit une fatigue du diaphragme avec mise en jeu inefficace des muscles respiratoires accessoires, signe annonciateur d'un arrêt respiratoire imminent. Elle correspond à un stade de décompensation plus avancé que les simples signes de lutte (tirage, polypnée). Les autres anomalies témoignent de la gravité globale mais pas spécifiquement de l'épuisement musculaire. Ce signe impose une prise en charge ventilatoire urgente sans délai.
- A. Le tirage intercostal est un signe de lutte, pas d'épuisement.
- B. La polypnée est un signe de lutte mais pas spécifique de l'épuisement.
- C. L'hypoxémie traduit la gravité de l'hématose mais pas l'épuisement musculaire.
- E. La tachycardie est un signe de gravité hémodynamique non spécifique de l'épuisement respiratoire.
Un homme de 68 ans, BPCO connu, est hospitalisé pour une exacerbation. Après traitement par bronchodilatateurs et oxygénothérapie titrée, la gazométrie artérielle sous 2 L/min d'oxygène montre : pH à 7,28, PaCO2 à 68 mmHg, PaO2 à 62 mmHg, bicarbonates à 30 mmol/L. Le patient est conscient, coopérant, sans trouble de la vigilance. Quelle est la conduite à tenir ventilatoire ?
- AVentilation non invasive en pression positive
- BAugmentation du débit d'oxygène standard à 6 L/min
- CVentilation spontanée avec surveillance simple
- DIntubation et ventilation mécanique invasive d'emblée
- EOxygénothérapie à haut débit nasal seule
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L'acidose respiratoire hypercapnique (pH < 7,35 avec PaCO2 élevée) persistant après traitement médical optimal chez un patient conscient et coopérant est l'indication princeps de la ventilation non invasive dans la BPCO. La VNI réduit le travail respiratoire, améliore les échanges gazeux et diminue la mortalité et le recours à l'intubation dans cette situation. L'intubation d'emblée n'est pas justifiée en l'absence de trouble de conscience, d'instabilité hémodynamique ou d'échec de la VNI. Une augmentation excessive de l'oxygène risquerait d'aggraver l'hypercapnie par effet Haldane et abolition du stimulus hypoxique.
- B. Augmenter l'oxygène sans ventilation assistée risque d'aggraver l'hypercapnie et l'acidose.
- C. Une simple surveillance est insuffisante devant une acidose respiratoire décompensée.
- D. L'intubation d'emblée n'est pas indiquée chez un patient conscient sans signe d'épuisement sévère ni trouble de conscience.
- E. L'oxygénothérapie à haut débit n'a pas de bénéfice démontré supérieur à la VNI dans cette indication et ne corrige pas l'acidose respiratoire.
Un homme de 24 ans est victime d'un traumatisme thoracique fermé lors d'un accident de moto. À l'arrivée du SMUR, il présente une détresse respiratoire majeure, une turgescence jugulaire, une tachycardie à 140/min, une tension artérielle à 78/50 mmHg, une abolition du murmure vésiculaire à droite avec tympanisme à la percussion, et une déviation trachéale vers la gauche. Quel geste doit être réalisé immédiatement, avant même tout transport vers l'imagerie ?
- ADrainage thoracique chirurgical au bloc opératoire
- BRadiographie thoracique de contrôle immédiate
- CExsufflation à l'aiguille du thorax droit
- DRemplissage vasculaire par cristalloïdes isotoniques
- EPéricardiocentèse échoguidée
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Le tableau associant détresse respiratoire, signes de choc, turgescence jugulaire, abolition unilatérale du murmure vésiculaire et déviation trachéale controlatérale définit le pneumothorax suffocant, urgence vitale immédiate par compression des gros vaisseaux et baisse du retour veineux. Le diagnostic est clinique et ne doit pas attendre d'imagerie. Le geste de sauvetage est l'exsufflation à l'aiguille en urgence, au 2e espace intercostal sur la ligne médio-claviculaire, suivie d'un drainage thoracique définitif. Tout retard diagnostique ou thérapeutique expose à un arrêt cardio-circulatoire.
- A. Le drainage chirurgical différé ne doit pas retarder le geste de décompression immédiate par exsufflation.
- B. L'imagerie ferait perdre un temps précieux dans une urgence vitale à diagnostic clinique.
- D. Le remplissage vasculaire est un adjuvant mais ne traite pas la cause du choc obstructif.
- E. La péricardiocentèse est indiquée en cas de tamponnade, non de pneumothorax suffocant.
Une femme de 54 ans, opérée d'une prothèse de hanche il y a 10 jours, est admise pour une dyspnée brutale avec douleur thoracique. Tension artérielle à 82/58 mmHg, fréquence cardiaque à 128/min, SpO2 à 88 % en air ambiant. À l'examen, on note une turgescence jugulaire spontanée et un reflux hépato-jugulaire, sans crépitants pulmonaires. Quel signe, parmi les suivants, doit faire évoquer un cœur pulmonaire aigu compliquant une embolie pulmonaire grave ? Un signe échocardiographique additionnel est recherché.
- ADilatation des cavités droites avec septum interventriculaire paradoxal
- BHypertrophie concentrique du ventricule gauche
- CAkinésie étendue de la paroi antérieure du ventricule gauche
- DÉpanchement péricardique abondant circonférentiel
- EDilatation de l'oreillette gauche avec fuite mitrale
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Le cœur pulmonaire aigu résulte de l'augmentation brutale de la postcharge du ventricule droit lors d'une embolie pulmonaire grave. L'échocardiographie transthoracique montre une dilatation des cavités droites avec hypokinésie, un septum interventriculaire paradoxal (bombant vers le ventricule gauche) et parfois un signe de McConnell. Associé à la turgescence jugulaire et au reflux hépato-jugulaire cliniques, ce signe confirme le retentissement droit aigu et oriente vers une thrombolyse en cas d'instabilité hémodynamique. Les autres anomalies évoquent une pathologie cardiaque gauche ou péricardique chronique, non compatibles avec ce tableau aigu.
- B. L'hypertrophie concentrique du VG est un signe chronique, non lié à l'embolie pulmonaire aiguë.
- C. L'akinésie antérieure du VG évoque un infarctus du myocarde, non une embolie pulmonaire.
- D. L'épanchement péricardique circonférentiel oriente vers une tamponnade, non vers un cœur pulmonaire aigu.
- E. La dilatation de l'oreillette gauche et la fuite mitrale sont des signes de cardiopathie gauche chronique.
Un homme de 45 ans, admis pour une pneumopathie hypoxémiante bilatérale, est sous oxygénothérapie à haut débit nasal à 60 L/min avec FiO2 à 100 %. Après deux heures, il présente une somnolence croissante, des pauses respiratoires, une fréquence respiratoire à 8/min, et une SpO2 à 80 % malgré l'oxygénothérapie maximale. Quelle est la décision à prendre ?
- APoursuite de l'oxygénothérapie à haut débit avec surveillance rapprochée
- BMajoration du débit d'oxygène au-delà de 60 L/min
- CPositionnement en décubitus ventral sous oxygénothérapie seule
- DIntubation orotrachéale et ventilation mécanique invasive
- EMise en place d'une ventilation non invasive en alternance
Voir la réponse
L'association de troubles de la vigilance, de pauses respiratoires et d'une bradypnée extrême sous oxygénothérapie à haut débit maximale traduit un échec thérapeutique avec épuisement respiratoire et risque imminent d'arrêt respiratoire. Ces signes constituent une indication formelle et urgente d'intubation et de ventilation mécanique invasive, sans délai ni essai alternatif. La VNI est contre-indiquée en cas de trouble de la vigilance en raison du risque d'inhalation. Attendre ou majorer l'oxygénothérapie retarderait une prise en charge vitale.
- A. La poursuite de l'oxygénothérapie seule expose à un arrêt respiratoire imminent.
- B. Le débit est déjà maximal et n'améliorera pas l'hypoxémie réfractaire ni la bradypnée.
- C. Le décubitus ventral sans ventilation assistée ne corrige pas l'épuisement respiratoire et l'hypoventilation.
- E. La VNI est contre-indiquée en cas de trouble de la vigilance (risque d'inhalation).
Un homme de 70 ans, tabagique, consulte pour une dyspnée d'aggravation progressive sur plusieurs jours. La gazométrie artérielle en air ambiant montre : pH à 7,32, PaCO2 à 62 mmHg, PaO2 à 58 mmHg, bicarbonates à 32 mmol/L, SaO2 à 86 %. Comment interprétez-vous ce résultat ?
- AInsuffisance respiratoire aiguë hypercapnique avec acidose respiratoire partiellement compensée
- BInsuffisance respiratoire aiguë hypoxémique pure sans trouble acido-basique
- CAlcalose métabolique compensée par une hypoventilation réactionnelle
- DGazométrie artérielle normale pour l'âge du patient
- EAcidose métabolique avec hyperventilation compensatrice
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La PaO2 abaissée à 58 mmHg définit l'hypoxémie, et la PaCO2 élevée à 62 mmHg définit l'hypercapnie : il s'agit donc d'une insuffisance respiratoire hypercapnique. Le pH à 7,32 est abaissé, traduisant une acidose, de type respiratoire puisque liée à l'hypercapnie. L'élévation des bicarbonates à 32 mmol/L témoigne d'une compensation métabolique rénale, mais celle-ci reste incomplète puisque le pH demeure inférieur à 7,35, d'où le terme de compensation partielle. Ce profil est typique d'une décompensation respiratoire chronique, comme lors d'une exacerbation de BPCO.
- B. La présence d'une hypercapnie et d'une acidose exclut une hypoxémie pure sans trouble acido-basique.
- C. L'élévation des bicarbonates est ici une compensation rénale d'une acidose respiratoire, non une alcalose métabolique primaire.
- D. Le pH abaissé et l'hypercapnie marquée excluent une gazométrie normale.
- E. Le trouble primaire est respiratoire (hypercapnie), non métabolique, et il n'y a pas d'hyperventilation ici.
Troubles du rythme et de la conduction en urgence
2 questionsUn homme de 62 ans, aux antécédents d'infarctus du myocarde, est amené aux urgences pour palpitations brutales. Fréquence cardiaque à 190/min, tension artérielle à 76/48 mmHg, marbrures des membres inférieurs, confusion débutante. L'électrocardiogramme montre une tachycardie régulière à QRS larges à 190/min. Quelle est la conduite à tenir immédiate ?
- AManœuvre de Valsalva associée à une sédation légère
- BAdénosine par voie intraveineuse en bolus rapide
- CMassage carotidien bilatéral
- DChoc électrique externe synchronisé sous sédation
- EAmiodarone par voie intraveineuse en perfusion lente
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Une tachycardie à complexes larges associée à des signes de mauvaise tolérance hémodynamique (hypotension, marbrures, confusion) constitue une urgence vitale justifiant une cardioversion électrique synchronisée immédiate, sous brève sédation ou anesthésie générale. Le traitement médicamenteux par antiarythmique est trop lent d'action et risquerait d'aggraver l'instabilité hémodynamique en attendant son effet. Les manœuvres vagales et l'adénosine sont réservées aux tachycardies supraventriculaires bien tolérées à QRS fins, non à ce tableau de tachycardie ventriculaire probable mal tolérée.
- A. Les manœuvres vagales n'ont aucune efficacité démontrée sur une tachycardie ventriculaire et retarderaient la prise en charge vitale.
- B. L'adénosine est réservée aux tachycardies supraventriculaires à QRS fins bien tolérées.
- C. Le massage carotidien est inefficace et dangereux sur une tachycardie à QRS larges mal tolérée.
- E. L'amiodarone intraveineuse est envisageable si la tachycardie est bien tolérée, mais pas en première intention devant un choc.
Une femme de 58 ans traitée par sotalol pour une fibrillation atriale est hospitalisée pour une diarrhée profuse depuis 3 jours. Elle présente des épisodes syncopaux à répétition. L'ECG intercritique montre un intervalle QT corrigé à 540 ms. Pendant la surveillance, apparaît une tachycardie ventriculaire polymorphe avec torsion de l'axe des complexes QRS autour de la ligne isoélectrique, qui se termine spontanément après 20 secondes. Quel traitement spécifique doit être administré en urgence ?
- AVérapamil par voie intraveineuse
- BLidocaïne par voie intraveineuse
- CAmiodarone par voie intraveineuse
- DSulfate de magnésium par voie intraveineuse
- EBêtabloquant par voie intraveineuse
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La torsade de pointes survenant dans un contexte de QT long acquis, ici favorisé par une hypokaliémie liée à la diarrhée et par un traitement par sotalol, se traite spécifiquement par le sulfate de magnésium intraveineux, quel que soit le taux de magnésémie. Le magnésium stabilise la membrane cellulaire et réduit la durée du potentiel d'action, interrompant le mécanisme de réentrée responsable de l'arythmie. Il faut également arrêter le médicament inducteur, corriger l'hypokaliémie associée et éviter tout anti-arythmique de classe I ou III qui allongerait davantage le QT. L'entraînement électrosystolique à fréquence élevée peut être utilisé en cas de récidive réfractaire.
- A. Inhibiteur calcique sans indication dans ce trouble du rythme, à éviter en cas d'instabilité.
- B. Anti-arythmique de classe I, non recommandé et sans efficacité démontrée dans la torsade de pointes.
- C. Anti-arythmique de classe III qui allonge le QT et peut aggraver l'arythmie, contre-indiqué dans ce contexte.
- E. Risque d'aggraver la bradycardie favorisant la torsade de pointes, à éviter dans ce contexte.
Troubles métaboliques et ioniques menaçant la vie
4 questionsUn homme de 70 ans, insuffisant rénal chronique sous inhibiteur de l'enzyme de conversion, est amené aux urgences pour asthénie profonde. La fréquence cardiaque est à 45/min, la pression artérielle à 110/70 mmHg. Le ionogramme sanguin montre une kaliémie à 7,2 mmol/L. L'ECG montre des ondes T amples et pointues en précordiales, un élargissement des complexes QRS à 140 ms et une disparition des ondes P. Quelle est la mesure thérapeutique à administrer en priorité ?
- AFurosémide par voie intraveineuse
- BGluconate de calcium par voie intraveineuse
- CInsuline associée à du sérum glucosé par voie intraveineuse
- DRésine échangeuse d'ions par voie orale
- EBicarbonate de sodium par voie intraveineuse
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Devant une hyperkaliémie menaçante avec signes électriques de gravité, notamment l'élargissement des QRS et la disparition des ondes P témoignant d'un trouble de la conduction intracardiaque, le gluconate de calcium intraveineux doit être administré en priorité absolue. Il agit en quelques minutes en stabilisant la membrane cellulaire du myocyte cardiaque, antagonisant l'effet toxique du potassium sans en modifier la concentration plasmatique. Les traitements hypokaliémiants comme l'insuline-glucose ou les résines agissent plus lentement et doivent être associés secondairement pour faire baisser durablement la kaliémie. Le furosémide favorise l'excrétion rénale du potassium mais son délai d'action est trop long pour cette urgence vitale immédiate.
- A. Délai d'action trop long et dépend d'une fonction rénale résiduelle, insuffisant pour l'urgence vitale immédiate.
- C. Traitement hypokaliémiant efficace mais d'action retardée de 15 à 30 minutes, à administrer après la protection myocardique.
- D. Action trop lente, délai de plusieurs heures, inadaptée à l'urgence vitale immédiate.
- E. Utile en cas d'acidose métabolique associée mais n'a pas d'effet protecteur myocardique immédiat comparable au calcium.
Une femme de 24 ans, diabétique de type 1, est amenée aux urgences pour vomissements et douleurs abdominales depuis 24 heures. La pression artérielle est à 95/60 mmHg, la fréquence cardiaque à 118/min, la fréquence respiratoire à 28/min avec une haleine cétonique. La glycémie capillaire est à 28 mmol/L, le pH artériel à 7,12, les bicarbonates à 8 mmol/L, et la kaliémie à 3,3 mmol/L. Quelle est la mesure thérapeutique à mettre en œuvre en premier lieu ?
- AInsuline rapide en bolus intraveineux direct
- BPerfusion de sérum glucosé à 5 %
- CPerfusion de bicarbonate de sodium
- DSupplémentation potassique intraveineuse
- ERemplissage vasculaire par sérum salé isotonique
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La prise en charge initiale de l'acidocétose diabétique repose avant tout sur la correction de l'hypovolémie par remplissage vasculaire avec du sérum salé isotonique à 0,9 %, car la déshydratation extracellulaire majeure contribue à l'acidose et au risque de collapsus. L'insulinothérapie ne doit être débutée qu'après ou en même temps que le remplissage, en perfusion continue et jamais en bolus direct qui expose à un risque d'hypoglycémie et d'hypokaliémie brutale. La kaliémie à 3,3 mmol/L nécessite une surveillance et une supplémentation qui sera adaptée avant de débuter l'insuline, mais le remplissage reste la priorité absolue. Le bicarbonate n'est pas recommandé en routine car il majore le risque d'hypokaliémie et d'œdème cérébral.
- A. Doit être administrée en perfusion continue à débit horaire fixe et non en bolus, qui expose à des complications métaboliques.
- B. N'est pas adapté à la correction de l'hypovolémie initiale en présence d'une hyperglycémie majeure.
- C. Non recommandée en routine, augmente le risque d'hypokaliémie et d'œdème cérébral, réservée aux acidoses extrêmes.
- D. Nécessaire mais secondaire au remplissage vasculaire initial, et surtout avant le début de l'insulinothérapie.
Une femme de 45 ans est hospitalisée pour des convulsions survenues au domicile dans un contexte de potomanie. Le ionogramme sanguin montre une natrémie à 112 mmol/L. Une correction par sérum salé hypertonique est débutée. Quelle complication neurologique doit être évitée en respectant une vitesse de correction de la natrémie ne dépassant pas 8 à 10 mmol/L par 24 heures ?
- AHémorragie sous-arachnoïdienne
- BThrombose veineuse cérébrale
- CEncéphalopathie de Gayet-Wernicke
- DŒdème cérébral
- EMyélinolyse centropontine
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Une correction trop rapide d'une hyponatrémie sévère et chronique expose au risque de myélinolyse centropontine, une démyélinisation osmotique des fibres nerveuses du pont liée au déplacement brutal d'eau hors des cellules cérébrales qui se sont adaptées à l'hypotonie plasmatique. Cette complication se manifeste typiquement de façon retardée, 2 à 6 jours après la correction, par une tétraparésie, des troubles de la déglutition et un syndrome pseudobulbaire. Pour la prévenir, la vitesse de correction de la natrémie doit être limitée à 8-10 mmol/L par 24 heures, voire moins chez les patients à haut risque comme les alcooliques ou les patients dénutris. L'œdème cérébral est au contraire le risque d'une hyponatrémie non traitée ou traitée trop lentement, non celui d'une correction trop rapide.
- A. N'est pas une complication classique de la correction rapide de la natrémie.
- B. N'est pas rapportée comme complication de la correction rapide d'une hyponatrémie.
- C. Liée à une carence en thiamine, sans lien avec la vitesse de correction de la natrémie.
- D. C'est la complication de l'hyponatrémie elle-même non corrigée, pas celle d'une correction trop rapide.
Un homme de 55 ans, diabétique de type 2 traité par sulfamide hypoglycémiant, est retrouvé inconscient à son domicile par sa famille qui appelle les secours. À l'arrivée du SAMU, le score de Glasgow est à 8, la glycémie capillaire est à 1,8 mmol/L, la pression artérielle est à 130/80 mmHg et la fréquence cardiaque à 90/min. Une voie veineuse périphérique est posée sans difficulté. Quel traitement doit être administré en priorité ?
- ASérum glucosé isotonique à 5 % en perfusion continue
- BSérum glucosé hypertonique à 30 % par voie intraveineuse
- CAdrénaline par voie intramusculaire
- DHydrocortisone par voie intraveineuse
- EGlucagon par voie intramusculaire
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Chez un patient inconscient avec une hypoglycémie sévère et un abord veineux disponible, le traitement de première intention est l'administration de sérum glucosé hypertonique concentré, par exemple à 30 %, en bolus intraveineux lent, permettant une correction rapide de la glycémie. Le glucagon par voie intramusculaire est une alternative utile en l'absence d'abord veineux mais son efficacité est limitée en cas de déplétion des réserves hépatiques de glycogène, notamment sous sulfamides hypoglycémiants. Après la correction initiale, un resucrage oral et une surveillance prolongée sont nécessaires en raison du risque de récidive lié à la demi-vie longue des sulfamides. L'hospitalisation est systématique devant une hypoglycémie sous sulfamide hypoglycémiant en raison du risque de récidive retardée.
- A. Concentration trop faible et délai d'action trop lent pour corriger une hypoglycémie sévère avec trouble de conscience.
- C. N'est pas indiquée dans le traitement de l'hypoglycémie, utilisée dans l'anaphylaxie et l'arrêt cardiaque.
- D. N'a pas d'indication dans la prise en charge immédiate d'une hypoglycémie sévère.
- E. Alternative en l'absence de voie veineuse, mais moins efficace et moins rapide quand un abord veineux est disponible.
Intoxications aiguës
4 questionsUne femme de 24 ans est amenée aux urgences 6 heures après l'ingestion volontaire de 15 grammes de paracétamol. Elle est asymptomatique. La pression artérielle est à 118/70 mmHg, la fréquence cardiaque à 82/min. Le dosage de la paracétamolémie, rapporté sur le nomogramme de Rumack-Matthew, se situe au-dessus de la ligne de risque. Quel traitement faut-il débuter en priorité ?
- ASilymarine par voie intraveineuse
- BFomépizole par voie intraveineuse
- CN-acétylcystéine par voie intraveineuse
- DBleu de méthylène par voie intraveineuse
- EVitamine K1 par voie orale
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La N-acétylcystéine est l'antidote de référence de l'intoxication au paracétamol car elle reconstitue les réserves de glutathion hépatique, permettant de détoxifier le métabolite toxique N-acétyl-p-benzoquinone-imine (NAPQI). Son indication repose sur le dosage de la paracétamolémie rapporté au temps écoulé depuis l'ingestion sur le nomogramme de Rumack-Matthew, utilisable à partir de la 4e heure. Elle est d'autant plus efficace qu'elle est débutée précocement, idéalement avant la 8e heure, pour prévenir la cytolyse hépatique fulminante. Le traitement doit être instauré sans attendre la confirmation clinique d'une hépatotoxicité dès que le seuil est dépassé.
- A. La silymarine est proposée dans l'intoxication par amanite phalloïde, pas dans celle au paracétamol.
- B. Le fomépizole est l'antidote des intoxications par alcools toxiques (méthanol, éthylène glycol), pas du paracétamol.
- D. Le bleu de méthylène est utilisé dans la méthémoglobinémie, sans rapport avec la toxicité du paracétamol.
- E. La vitamine K1 corrige un déficit en facteurs vitamino-K dépendants mais ne traite pas la toxicité hépatocellulaire du paracétamol.
Un homme de 68 ans est retrouvé inconscient à domicile avec une plaquette vide de bromazépam à côté de lui. À l'arrivée des secours, la fréquence respiratoire est à 10/min, la saturation en oxygène à 94 % en air ambiant, et le score de Glasgow est à 8. Les pupilles sont symétriques et réactives. Un traitement par flumazénil est envisagé. Quel élément contre-indique son utilisation dans cette situation ?
- AFréquence respiratoire inférieure à 12/min
- BÂge supérieur à 65 ans
- CSuspicion de co-ingestion d'un antidépresseur tricyclique
- DScore de Glasgow inférieur à 10
- EPupilles symétriques et réactives
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Le flumazénil est un antagoniste compétitif des récepteurs aux benzodiazépines, mais son utilisation est contre-indiquée en cas de co-intoxication par un antidépresseur tricyclique car il peut démasquer un effet stabilisant de membrane et précipiter des convulsions ou des troubles du rythme ventriculaire graves. Il est également déconseillé chez les patients épileptiques traités au long cours par benzodiazépines, en raison du risque de syndrome de sevrage convulsif. Son usage reste réservé à des situations ciblées, en titration prudente, en raison de sa demi-vie courte qui expose à une réapparition du coma. La prise en charge d'une intoxication aux benzodiazépines repose avant tout sur la surveillance et le maintien de la liberté des voies aériennes.
- A. La bradypnée est au contraire une situation où l'antagonisation peut être discutée, elle n'est pas une contre-indication en soi.
- B. L'âge n'est pas un facteur contre-indiquant l'usage du flumazénil.
- D. Un score de Glasgow bas motive la discussion du flumazénil mais n'est pas une contre-indication.
- E. Des pupilles symétriques et réactives ne contre-indiquent pas le flumazénil.
Un homme de 32 ans, connu toxicomane, est retrouvé inconscient dans la rue. À l'examen, la fréquence respiratoire est à 6/min, la saturation en oxygène à 85 % en air ambiant, le score de Glasgow est à 6, et les pupilles sont punctiformes et peu réactives. Quel traitement doit être administré en priorité après la libération des voies aériennes ?
- AN-acétylcystéine par voie intraveineuse
- BGlucagon par voie intraveineuse
- CNaloxone par voie intraveineuse
- DAtropine par voie intraveineuse
- EFlumazénil par voie intraveineuse
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L'association d'un myosis punctiforme, d'une bradypnée et d'un trouble de conscience chez un patient toxicomane est hautement évocatrice d'une intoxication aux opioïdes. La naloxone, antagoniste compétitif des récepteurs opioïdes, lève rapidement la dépression respiratoire et l'altération de la conscience en quelques minutes. Elle doit être titrée par petits bolus intraveineux répétés pour éviter un syndrome de sevrage brutal, et sa durée d'action courte impose une surveillance prolongée du fait du risque de réapparition de la dépression respiratoire. L'oxygénothérapie et l'assistance ventilatoire restent indispensables en attendant son effet.
- A. La N-acétylcystéine est l'antidote du paracétamol, sans indication ici.
- B. Le glucagon est utilisé dans l'intoxication aux bêtabloquants ou aux inhibiteurs calciques.
- D. L'atropine est utilisée dans les intoxications aux organophosphorés ou les bradycardies vagales, pas dans l'intoxication opioïde.
- E. Le flumazénil est l'antagoniste des benzodiazépines, sans effet sur la toxicité opioïde.
Une femme de 29 ans est admise aux urgences après ingestion volontaire d'amitriptyline il y a deux heures. Elle est somnolente, la pression artérielle est à 92/58 mmHg et la fréquence cardiaque à 118/min. Un électrocardiogramme est réalisé. Quel signe électrocardiographique traduit un surdosage sévère avec risque de trouble du rythme ventriculaire imminent ?
- AÉlargissement du complexe QRS au-delà de 100 millisecondes
- BSus-décalage isolé du segment ST en inférieur
- CAllongement isolé de l'intervalle PR sans élargissement du QRS
- DOnde U proéminente en précordiales
- EBloc atrioventriculaire du premier degré isolé
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Les antidépresseurs tricycliques exercent un effet stabilisant de membrane par blocage des canaux sodiques rapides, se traduisant sur l'électrocardiogramme par un élargissement du complexe QRS. Une durée de QRS supérieure à 100 millisecondes est corrélée au risque de convulsions, et au-delà de 160 millisecondes au risque de troubles du rythme ventriculaire graves et de collapsus. Ce signe doit faire alcaliniser le sang par bicarbonate de sodium molaire, qui diminue la liaison du toxique au canal sodique. La surveillance scopique continue et la recherche systématique de cet élargissement sont essentielles dans la prise en charge initiale.
- B. Le sus-décalage du segment ST n'est pas le signe caractéristique de la toxicité des tricycliques.
- C. L'allongement isolé du PR sans élargissement du QRS n'est pas le critère de gravité retenu.
- D. L'onde U proéminente évoque plutôt une hypokaliémie, sans lien spécifique avec les tricycliques.
- E. Le bloc atrioventriculaire du premier degré isolé n'est pas le marqueur de gravité recherché dans cette intoxication.
Traumatologie et urgences chirurgicales
3 questionsUn homme de 35 ans est victime d'un accident de moto. À l'arrivée des secours, il ouvre les yeux à la douleur, émet des sons incompréhensibles, et présente une décortication à la stimulation douloureuse. La pression artérielle est à 100/60 mmHg et la fréquence cardiaque à 110/min. Quelle est la conduite à tenir immédiate concernant la prise en charge des voies aériennes ?
- AMise en position latérale de sécurité en attendant le scanner
- BVentilation non invasive au masque facial
- COxygénothérapie au masque à haute concentration sans intubation
- DPose d'une canule de Guedel seule et surveillance clinique
- EIntubation orotrachéale avec séquence rapide
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Le score de Glasgow de ce patient est à 6 (ouverture des yeux à la douleur = 2, réponse verbale incompréhensible = 2, réponse motrice en décortication = 2), ce qui définit un traumatisme crânien grave selon le seuil de Glasgow inférieur ou égal à 8. Cette situation impose une intubation orotrachéale en séquence rapide pour protéger les voies aériennes, prévenir l'inhalation et permettre une ventilation contrôlée évitant l'hypoxie et l'hypercapnie, délétères pour la perfusion cérébrale. La ventilation non invasive et les dispositifs non définitifs comme la canule de Guedel sont insuffisants chez un patient incapable de protéger ses voies aériennes. L'objectif est de maintenir une pression de perfusion cérébrale adéquate en évitant toute hypotension et hypoxémie surajoutées.
- A. La position latérale de sécurité ne remplace pas la sécurisation des voies aériennes par intubation chez un traumatisé crânien grave.
- B. La ventilation non invasive est contre-indiquée chez un patient dans le coma, incapable de coopérer ou de protéger ses voies aériennes.
- C. L'oxygénothérapie seule ne protège pas des voies aériennes chez un patient comateux à risque d'inhalation.
- D. Une canule de Guedel ne sécurise pas durablement les voies aériennes chez un patient dans le coma avec un score de Glasgow aussi bas.
Un homme de 40 ans est victime d'une chute d'un échafaudage de 4 mètres de hauteur. Il est conscient, se plaint de douleurs cervicales et dorsales, sans déficit sensitivomoteur apparent. Avant tout transport vers l'hôpital, quelle mesure doit être appliquée en priorité pour prévenir l'aggravation d'une éventuelle lésion rachidienne ?
- AFlexion contrôlée du cou pour rechercher une raideur méningée
- BImmobilisation du rachis entier par matelas coquille et collier cervical rigide
- CMobilisation prudente en position assise pour faciliter l'examen clinique
- DTransport en décubitus latéral libre sans dispositif de contention
- ERetrait du casque sans immobilisation cervicale associée
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Devant tout traumatisme à cinétique violente avec suspicion de lésion rachidienne, le principe fondamental de la prise en charge pré-hospitalière est l'immobilisation complète du rachis, associant un collier cervical rigide adapté à la morphologie du patient et un matelas coquille englobant l'ensemble du corps, afin de limiter tout mouvement susceptible d'aggraver une lésion médullaire instable. Cette immobilisation doit être mise en place avant toute mobilisation et maintenue jusqu'à l'exclusion radiologique d'une fracture instable. Toute manœuvre de flexion, extension ou rotation du rachis est strictement proscrite tant que la lésion n'est pas écartée. Le relevage et le brancardage doivent être réalisés en bloc, en respectant l'axe tête-cou-tronc.
- A. La flexion du cou est formellement proscrite en cas de suspicion de lésion rachidienne car elle peut aggraver une compression médullaire.
- C. Toute mobilisation en position assise expose à un mouvement du rachis potentiellement délétère en cas de fracture instable.
- D. L'absence de dispositif de contention ne permet pas de limiter les mouvements du rachis pendant le transport.
- E. Le retrait du casque sans immobilisation cervicale simultanée expose à une mobilisation dangereuse du rachis cervical.
Un homme de 45 ans, pesant 80 kg, est brûlé par flammes lors d'un incendie domestique. L'examen retrouve des brûlures du deuxième degré profond touchant la totalité du membre supérieur gauche, la totalité du membre supérieur droit et la face antérieure du tronc. Il n'y a pas d'atteinte du visage ni des voies aériennes. Selon la règle des neuf de Wallace, quelle est la surface cutanée brûlée totale ?
- A54 %
- B18 %
- C45 %
- D36 %
- E27 %
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La règle des neuf de Wallace attribue 9 % de la surface corporelle à chaque membre supérieur et 18 % à la face antérieure du tronc. Ici, les deux membres supérieurs représentent 9 % + 9 % = 18 %, et la face antérieure du tronc représente 18 %, soit un total de 36 %. Cette estimation guide le remplissage vasculaire initial (formule de Parkland) et conditionne le seuil de gravité nécessitant une orientation en centre spécialisé (brûlures profondes supérieures à 10 % de la surface corporelle totale chez l'adulte).
- A. Correspond à une surface excessive, non compatible avec les zones décrites dans l'énoncé.
- B. Correspondrait à l'atteinte d'un seul membre supérieur et d'une partie du tronc seulement.
- C. Correspondrait à l'ajout erroné de la face postérieure du tronc, non atteinte ici.
- E. Sous-estime la surface réellement atteinte en omettant une partie du tronc antérieur.
Urgences neurologiques
4 questionsUn homme de 68 ans présente brutalement un déficit moteur de l'hémicorps gauche avec une aphasie. L'heure exacte de début des symptômes est connue avec certitude : il y a 3 heures et 30 minutes. L'imagerie cérébrale réalisée en urgence élimine une hémorragie et ne montre pas de contre-indication. Quelle est la conduite thérapeutique à proposer en première intention ?
- ASurveillance clinique simple en unité neurovasculaire sans traitement spécifique
- BThrombolyse intraveineuse par altéplase
- CDouble antiagrégation plaquettaire par aspirine et clopidogrel
- DCorticothérapie intraveineuse à forte dose
- EAnticoagulation curative par héparine non fractionnée
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Devant un AVC ischémique confirmé par l'imagerie, avec une heure de début des symptômes connue et inférieure à 4 heures 30, et en l'absence de contre-indication, la thrombolyse intraveineuse par altéplase est le traitement de référence de première intention. Elle doit être débutée le plus précocement possible, le bénéfice clinique diminuant avec le temps écoulé depuis le début des symptômes. Au-delà de 4h30 ou en cas d'occlusion proximale, la thrombectomie mécanique est discutée en complément ou en alternative. La règle du « time is brain » impose une prise en charge la plus rapide possible.
- A. Une fenêtre thérapeutique valide impose de proposer un traitement de reperfusion, non une simple surveillance.
- C. Cette association est indiquée en prévention secondaire de l'AIT/AVC mineur, non en traitement de l'ischémie aiguë à ce stade.
- D. La corticothérapie n'a pas d'indication dans l'AVC ischémique aigu.
- E. L'anticoagulation curative n'est pas indiquée en phase aiguë de l'AVC ischémique du fait du risque hémorragique.
Une femme de 45 ans consulte aux urgences pour une céphalée d'apparition brutale, décrite comme la plus intense de sa vie, survenue il y a deux heures pendant un effort, associée à une photophobie sans fièvre ni déficit neurologique. La pression artérielle est de 145/88 mmHg. Quel examen faut-il réaliser en première intention ?
- AScanner cérébral sans injection de produit de contraste
- BDoppler transcrânien des artères cérébrales
- CÉlectroencéphalogramme standard
- DAngio-IRM cérébrale avec séquences vasculaires
- EPonction lombaire avec analyse du liquide cérébro-spinal
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Devant une céphalée brutale en coup de tonnerre évocatrice d'hémorragie méningée, le scanner cérébral sans injection réalisé en urgence est l'examen de première intention : il visualise directement le saignement sous-arachnoïdien avec une sensibilité proche de 100 % dans les six premières heures. Si le scanner est négatif mais que la suspicion clinique persiste, une ponction lombaire est réalisée secondairement à la recherche d'une xanthochromie ou de pigments biliaires, idéalement après un délai d'au moins 12 heures depuis le début des symptômes. L'angio-IRM ou l'angioscanner ne sont utiles que secondairement pour rechercher la cause (anévrisme).
- B. Cet examen n'est pas adapté au diagnostic positif d'hémorragie méningée.
- C. Cet examen n'a pas de place dans le diagnostic d'une hémorragie méningée.
- D. Cet examen recherche la cause anévrismale mais n'est pas l'examen diagnostique de première intention devant une suspicion clinique.
- E. Examen de deuxième intention, réalisé seulement si le scanner initial est négatif.
Un homme de 55 ans est retrouvé inconscient à son domicile. À l'examen, le score de Glasgow est de 7 (Y2 V2 M3), les pupilles sont en myosis bilatéral serré et peu réactives, la fréquence respiratoire est de 8/min et superficielle. La glycémie capillaire est de 5,4 mmol/L et la température est de 36,8 °C. Quelle est l'étape diagnostique à réaliser en priorité devant ce tableau ?
- ADoser l'ammoniémie à la recherche d'une encéphalopathie hépatique
- BRéaliser un électroencéphalogramme en urgence
- CRéaliser un scanner cérébral sans injection en urgence
- DRéaliser une ponction lombaire à visée diagnostique
- ERechercher une intoxication aux opiacés et tester une réponse à la naloxone
Voir la réponse
L'association d'un coma, d'un myosis bilatéral serré peu réactif et d'une bradypnée superficielle constitue la triade classique de l'intoxication aux opiacés. Devant ce tableau évocateur, et après avoir éliminé une hypoglycémie (ici normale), il faut rechercher cette cause toxique en priorité, en réalisant un test thérapeutique à la naloxone qui a une valeur à la fois diagnostique et thérapeutique immédiate. Cette démarche s'intègre dans l'approche systématique du coma qui débute toujours par l'élimination des causes rapidement réversibles (hypoglycémie, intoxication aux opiacés) avant d'orienter vers une imagerie ou d'autres explorations.
- A. Rien dans le tableau clinique n'oriente vers une cause hépatique.
- B. Cet examen n'est pas la priorité diagnostique immédiate devant ce tableau toxique évocateur.
- C. L'imagerie cérébrale est utile mais ne doit pas retarder la recherche et le traitement d'une cause toxique réversible évocatrice ici.
- D. Cet examen n'est pas indiqué en première intention devant ce tableau évocateur d'intoxication, en l'absence de signe infectieux.
Un homme de 62 ans, hospitalisé pour un hématome sous-dural aigu post-traumatique, présente une aggravation progressive de son état de conscience. L'infirmière appelle le médecin en urgence car elle constate une mydriase unilatérale droite aréactive, alors que la pupille gauche reste normale et réactive. Quelle est l'interprétation clinique à retenir devant ce signe ?
- ASigne annonciateur d'une hypertension intracrânienne bénigne isolée
- BSigne en faveur d'une atteinte isolée du nerf optique droit
- CSigne annonciateur d'un engagement temporal homolatéral à la mydriase
- DSigne en faveur d'une crise comitiale en cours
- ESigne en faveur d'une intoxication médicamenteuse anticholinergique associée
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L'apparition d'une mydriase unilatérale aréactive chez un patient présentant une lésion intracrânienne expansive est un signe d'alarme majeur annonçant un engagement temporal (engagement de l'uncus) du côté de la mydriase, par compression du nerf oculomoteur (III) lors du passage de la partie interne du lobe temporal à travers l'incisure tentorielle. Ce signe impose une prise en charge neurochirurgicale extrêmement urgente, car il précède souvent une dégradation rapide vers l'engagement central avec mise en jeu du pronostic vital. La mydriase est unilatérale et du même côté que la lésion compressive dans la grande majorité des cas.
- A. L'hypertension intracrânienne bénigne ne se manifeste pas par une mydriase aréactive aiguë et ne s'accompagne pas d'engagement.
- B. Le contexte traumatique et l'aggravation de la conscience orientent vers une complication compressive, non une atteinte isolée du nerf optique.
- D. Une crise comitiale ne produit pas typiquement ce signe pupillaire isolé dans ce contexte post-traumatique évolutif.
- E. Aucun élément de l'énoncé n'oriente vers une cause toxique, le contexte traumatique et neurochirurgical est net.
Anesthésie-réanimation : sédation et ventilation
4 questionsUn homme de 45 ans doit être opéré en urgence d'une occlusion intestinale sur bride. Il a mangé un repas complet 2 heures avant son admission. L'anesthésiste décide de réaliser une induction en séquence rapide avec manœuvre de Sellick. Quel est le principal objectif physiopathologique de cette technique d'induction ?
- ARéduire le délai entre la perte de conscience et l'obtention d'une protection des voies aériennes pour limiter le risque d'inhalation
- BPrévenir la survenue d'un bronchospasme per-intubation
- CDiminuer la pression artérielle pour réduire le saignement peropératoire
- DLimiter la survenue d'une hyperthermie maligne peranesthésique
- EFaciliter la vidange gastrique avant l'intervention chirurgicale
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L'induction en séquence rapide associe un hypnotique d'action rapide et un curare d'action rapide (succinylcholine ou rocuronium à forte dose), administrés sans ventilation au masque, afin de réduire au maximum le délai entre la perte des réflexes de protection laryngée et l'intubation trachéale. Chez le patient à estomac plein, ce délai est la période à haut risque d'inhalation du contenu gastrique par régurgitation passive. La pression cricoïdienne (manœuvre de Sellick) complète cette technique en comprimant l'œsophage contre le rachis cervical. L'objectif n'est donc pas hémodynamique ni digestif mais la minimisation du temps d'exposition au risque d'inhalation.
- B. Le bronchospasme n'est pas la cible de cette technique, qui concerne le risque d'inhalation du contenu gastrique.
- C. Ce n'est pas l'objectif de la technique, qui vise la protection des voies aériennes et non l'hémostase chirurgicale.
- D. L'hyperthermie maligne est un risque lié à certains agents anesthésiques, non prévenu par cette séquence d'induction.
- E. L'induction en séquence rapide n'agit pas sur la vidange gastrique mais raccourcit le délai d'intubation.
Une patiente de 70 ans, 60 kg, taille 160 cm, est intubée pour une détresse respiratoire aiguë sans syndrome de détresse respiratoire aiguë associé. Le réanimateur initie une ventilation mécanique en mode volume contrôlé. Quel réglage initial du volume courant est recommandé pour limiter le risque de lésion pulmonaire induite par la ventilation ?
- A6 à 8 mL/kg de poids réel mesuré
- B15 à 18 mL/kg de poids théorique
- C10 à 12 mL/kg de poids théorique
- D6 à 8 mL/kg de poids théorique
- E20 mL/kg de poids théorique
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Le volume courant initial en ventilation contrôlée doit être réglé entre 6 et 8 mL/kg de poids théorique (calculé selon le sexe et la taille, et non le poids réel), afin de limiter la survenue d'un volotraumatisme et d'un barotraumatisme. Cette stratégie de ventilation protectrice, initialement validée dans le SDRA, est désormais recommandée de façon large en réanimation même en l'absence de SDRA. Le poids théorique reflète mieux le volume pulmonaire fonctionnel que le poids réel, qui peut être faussé par l'obésité ou les œdèmes. La pression de plateau doit par ailleurs être maintenue sous 30 cmH2O.
- A. Le calcul doit se baser sur le poids théorique et non le poids réel, qui peut surestimer les besoins ventilatoires.
- B. Ces volumes sont nettement supra-physiologiques et majorent le barotraumatisme.
- C. Ces volumes sont trop élevés et exposent à un risque de lésion pulmonaire induite par la ventilation.
- E. Ce volume est excessif et contre-indiqué par les recommandations de ventilation protectrice.
Un patient de 60 kg est ventilé en réanimation pour un syndrome de détresse respiratoire aiguë sévère avec un rapport PaO2/FiO2 à 90 mmHg malgré une sédation profonde et une ventilation protectrice bien conduite. Une curarisation continue par cisatracurium est débutée pour améliorer l'adaptation au respirateur. Quelle est la surveillance spécifique recommandée pendant cette curarisation continue ?
- ADosage sanguin répété du cisatracurium
- BMonitorage de la profondeur de curarisation par train-de-quatre
- CDosage quotidien de la créatine phosphokinase plasmatique
- DMesure horaire de la pression artérielle invasive uniquement
- ESurveillance électroencéphalographique continue
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La curarisation continue chez un patient sous SDRA sévère impose un monitorage de la profondeur de bloc neuromusculaire par stimulation en train-de-quatre (TOF), afin d'adapter la posologie et d'éviter un surdosage responsable d'une neuromyopathie de réanimation. L'objectif est généralement de maintenir une curarisation profonde mais contrôlée, réévaluée régulièrement, avec arrêt dès que possible (habituellement limité aux 48 premières heures). Le patient curarisé nécessite par ailleurs une sédation-analgésie adaptée puisque le curare masque les signes cliniques de douleur ou d'éveil.
- A. Le dosage plasmatique du curare n'est pas réalisé en pratique courante pour adapter la posologie.
- C. La CPK n'est pas un outil de surveillance de routine de la curarisation, même si une rhabdomyolyse peut parfois être recherchée secondairement.
- D. La surveillance hémodynamique seule ne permet pas d'évaluer la profondeur du bloc neuromusculaire.
- E. L'EEG continu n'est pas l'examen de surveillance du bloc neuromusculaire sous curares.
Un patient de 68 ans, intubé et sédaté en réanimation, ne peut pas communiquer verbalement. Il présente une grimace du visage, une flexion des membres supérieurs et une lutte modérée contre le respirateur lors d'un soin de nursing. Quel outil est le plus adapté pour évaluer la douleur de ce patient ?
- AL'échelle visuelle analogique
- BL'échelle de Ramsay
- CL'échelle numérique verbale
- DLe score de Richmond (RASS)
- EL'échelle comportementale de douleur (Behavioral Pain Scale)
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Chez le patient non communicant, sédaté ou intubé, l'évaluation de la douleur repose sur des échelles comportementales validées telles que le Behavioral Pain Scale (BPS), qui cote l'expression du visage, la mobilité des membres supérieurs et la tolérance de la ventilation mécanique. Cette échelle permet d'adapter l'analgésie en l'absence d'auto-évaluation possible par le patient. Les échelles d'auto-évaluation comme l'EVA ou l'échelle numérique nécessitent une communication verbale ou gestuelle du patient, impossible ici. Le score de Ramsay et le RASS évaluent la profondeur de la sédation et non la douleur.
- A. L'EVA est une échelle d'auto-évaluation nécessitant la participation active du patient, impossible chez un patient non communicant.
- B. Le score de Ramsay évalue le niveau de sédation, pas la douleur.
- C. L'échelle numérique verbale nécessite également une communication verbale du patient.
- D. Le RASS est un score de sédation-agitation, non un outil d'évaluation de la douleur.
Infections graves et antibiothérapie d'urgence
3 questionsUn médecin généraliste est appelé au domicile d'un enfant de 6 ans fébrile à 39,5°C, présentant plusieurs lésions purpuriques ne s'effaçant pas à la vitropression, dont une de diamètre supérieur à 3 mm, associées à une altération de l'état général. Le SAMU est contacté pour organiser le transfert hospitalier. Quel geste thérapeutique doit être réalisé par le médecin avant même l'arrivée de l'enfant à l'hôpital ?
- AAdministration en urgence d'une antibiothérapie par voie intraveineuse ou intramusculaire
- BMise en route d'une corticothérapie intraveineuse à forte dose
- CPrescription d'un scanner cérébral avant tout traitement
- DRéalisation d'une ponction lombaire pour analyse du liquide cérébrospinal
- EPrélèvement de deux hémocultures avant toute antibiothérapie
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Devant un purpura fulminans, défini par la présence d'au moins un élément purpurique nécrotique ou ecchymotique de diamètre supérieur à 3 mm associé à un syndrome infectieux sévère, l'administration d'une antibiothérapie probabiliste (céphalosporine de 3e génération, ceftriaxone ou céfotaxime) doit être immédiate, par voie intraveineuse ou intramusculaire si l'abord veineux est impossible, sans attendre les résultats d'aucun examen complémentaire. Ce geste doit être réalisé avant le transfert, au domicile ou au cabinet, car tout retard aggrave le pronostic vital engagé par le choc septique à méningocoque. Les hémocultures et la ponction lombaire sont réalisées à l'hôpital mais ne doivent jamais retarder l'antibiothérapie.
- B. La corticothérapie n'est pas le geste prioritaire devant un purpura fulminans et n'a pas d'indication formelle en urgence pré-hospitalière.
- C. L'imagerie cérébrale n'a aucune place avant le transfert et retarderait dangereusement la prise en charge.
- D. La ponction lombaire est contre-indiquée en urgence pré-hospitalière et ne doit jamais retarder l'antibiothérapie.
- E. Les hémocultures ne doivent pas retarder l'administration de l'antibiothérapie et sont réalisées secondairement à l'hôpital si possible.
Une femme de 24 ans est admise aux urgences pour une fièvre à 39,8°C évoluant depuis 24 heures, associée à une hypotension artérielle à 85/50 mmHg, une diarrhée et des myalgies diffuses. L'examen révèle un érythème diffus généralisé. Elle porte un tampon vaginal depuis 3 jours dans le cadre de ses règles. Le bilan montre une créatininémie à 150 µmol/L et des plaquettes à 90 G/L. Quel signe cutané, attendu dans les jours suivants, est caractéristique de ce syndrome ?
- AUn purpura nécrotique des extrémités
- BDes vésicules ombiliquées généralisées
- CUn érythème noueux des membres inférieurs
- DUne urticaire chronique récidivante
- EUne desquamation palmo-plantaire
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Le choc toxique staphylococcique, favorisé ici par le port prolongé d'un tampon vaginal, associe fièvre élevée, hypotension, érythème diffus et une atteinte multiviscérale (rénale, hématologique, digestive, musculaire) selon les critères du CDC. Un signe caractéristique différé, survenant 1 à 2 semaines après le début des symptômes, est la desquamation palmo-plantaire, témoignant de l'action des toxines superantigéniques staphylococciques (TSST-1 notamment) sur la peau. Ce signe retardé confirme rétrospectivement le diagnostic lorsque l'épisode aigu initial a pu être trompeur.
- A. Le purpura nécrotique évoque plutôt un purpura fulminans méningococcique, non le choc toxique staphylococcique.
- B. Les vésicules ombiliquées généralisées orientent vers une varicelle ou une infection herpétique, non ce tableau.
- C. L'érythème noueux est une hypodermite nodulaire associée à d'autres étiologies, sans lien avec le choc toxique staphylococcique.
- D. L'urticaire chronique n'est pas une manifestation caractéristique de ce syndrome toxinique aigu.
Un homme diabétique de 58 ans consulte pour une douleur intense du mollet gauche apparue il y a 12 heures, disproportionnée par rapport à l'aspect cutané initial. L'examen retrouve un œdème induré du mollet, une peau légèrement érythémateuse sans porte d'entrée visible, une température à 39,2°C et une crépitation sous-cutanée à la palpation. La douleur ne cède pas malgré une antalgie de palier 2. Quelle est la prise en charge thérapeutique prioritaire à proposer immédiatement ?
- AAnticoagulation curative pour suspicion de thrombose veineuse profonde
- BExploration chirurgicale en urgence avec débridement des tissus nécrosés
- CAntibiothérapie probabiliste seule, chirurgie différée après amélioration clinique
- DPansements humides et surveillance clinique rapprochée sans chirurgie
- EOxygénothérapie hyperbare en première intention isolée
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La douleur intense disproportionnée par rapport aux signes cutanés, associée à une crépitation sous-cutanée évoquant une production de gaz par des germes anaérobies, est hautement suggestive d'une fasciite nécrosante. Il s'agit d'une urgence chirurgicale absolue : l'exploration chirurgicale avec débridement large des tissus nécrosés doit être réalisée sans délai, en complément d'une antibiothérapie probabiliste à large spectre débutée immédiatement, car le pronostic vital dépend directement de la rapidité de l'excision des tissus infectés. Retarder la chirurgie en attendant une amélioration sous antibiotiques expose à une extension rapide et à un risque de décès.
- A. Le tableau clinique avec crépitation et douleur disproportionnée oriente vers une fasciite nécrosante et non une thrombose veineuse isolée.
- C. L'antibiothérapie seule est insuffisante : la chirurgie ne doit jamais être différée dans ce contexte, le pronostic vital étant en jeu.
- D. La simple surveillance sans geste chirurgical expose à une aggravation rapide et met en jeu le pronostic vital.
- E. L'oxygénothérapie hyperbare peut être un traitement adjuvant mais ne remplace jamais le débridement chirurgical urgent.
Organisation des soins et éthique en urgence
3 questionsUn patient de 78 ans est hospitalisé en réanimation pour un choc septique compliqué d'une défaillance multiviscérale. Après 10 jours d'évolution défavorable malgré une prise en charge maximale, l'équipe médicale envisage une limitation des thérapeutiques actives. Le patient n'est pas en mesure d'exprimer sa volonté et n'a pas rédigé de directives anticipées. Quelle est la procédure à respecter pour que cette décision soit légale ?
- ADécision prise après une procédure collégiale incluant un avis motivé d'un médecin consultant extérieur au service
- BDécision reportée jusqu'à ce que le patient puisse exprimer sa volonté
- CDécision soumise à l'autorisation préalable du juge des tutelles
- DDécision prise seule par le médecin en charge du patient, sans formalisme particulier
- EDécision prise par la famille du patient après information médicale
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La loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 encadre la limitation et l'arrêt des thérapeutiques actives (LATA) chez un patient hors d'état d'exprimer sa volonté. Elle impose une procédure collégiale réunissant l'équipe soignante, avec l'avis motivé d'au moins un médecin consultant n'ayant aucun lien hiérarchique avec le médecin en charge du patient. La personne de confiance, la famille ou les proches doivent être consultés mais ne décident pas, et la décision finale appartient au médecin en charge, après concertation. Cette décision doit être tracée dans le dossier médical.
- B. L'absence de directives anticipées n'empêche pas la procédure collégiale d'être engagée
- C. Aucune autorisation judiciaire préalable n'est requise pour une décision médicale de LATA.
- D. La loi impose une procédure collégiale et non une décision médicale isolée.
- E. La famille est consultée mais n'a pas de pouvoir décisionnel sur la LATA.
Un homme de 35 ans est admis en réanimation après un traumatisme crânien grave. Trois jours après l'accident, il présente un coma aréactif avec une absence totale de ventilation spontanée. La température centrale est à 37 °C, il n'y a pas de prise de sédatifs ni de curares depuis plus de 24 heures. L'examen clinique retrouve une absence de réflexes du tronc cérébral (photomoteur, cornéen, oculo-céphalique, toux). Quel examen complémentaire est indispensable pour confirmer le diagnostic avant tout prélèvement d'organes ?
- AUn électroencéphalogramme unique de 20 minutes
- BUn dosage des potentiels évoqués somesthésiques
- CUne angiographie cérébrale ou un angioscanner objectivant l'arrêt de la perfusion cérébrale
- DUn doppler transcrânien réalisé une seule fois
- EUne imagerie par résonance magnétique cérébrale standard
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En France, le diagnostic de mort encéphalique repose sur des critères cliniques (coma aréactif, abolition de tous les réflexes du tronc cérébral, absence de ventilation spontanée confirmée par une épreuve d'hypercapnie) qui doivent être complétés par un examen paraclinique confirmant l'arrêt circulatoire cérébral, conformément au décret du 2 décembre 1996 et à l'arrêté du 2 août 2005. Deux méthodes sont validées : deux électroencéphalogrammes nuls et aréactifs réalisés à au moins 4 heures d'intervalle, ou une angiographie cérébrale (ou angioscanner) objectivant l'arrêt de la circulation cérébrale, cette dernière suffisant en un seul examen. L'angiographie a l'avantage de ne nécessiter qu'un seul examen pour confirmer le diagnostic avant le prélèvement d'organes.
- A. Un seul EEG ne suffit pas ; deux EEG nuls et aréactifs à 4 heures d'intervalle sont requis si cette méthode est choisie.
- B. Les potentiels évoqués somesthésiques ne font pas partie des critères paracliniques validés
- D. Le doppler transcrânien n'est pas une méthode de confirmation officiellement validée en France.
- E. L'IRM cérébrale standard n'est pas un critère validé pour le diagnostic de mort encéphalique.
Un médecin généraliste se déplace au domicile d'un patient de 60 ans pour une douleur thoracique. À l'examen, la pression artérielle est à 90/60 mmHg, la fréquence cardiaque à 110/min, la fréquence respiratoire à 26/min, et le patient est confus. L'auscultation pulmonaire retrouve des râles crépitants bilatéraux. Quelle est la conduite à tenir la plus adaptée ?
- AOrganiser un transport par les moyens personnels de la famille vers le service d'accueil des urgences le plus proche
- BDifférer le transport et réévaluer le patient dans deux heures
- CFaire appeler une ambulance privée par la famille pour un transport non médicalisé
- DDemander un transport par les sapeurs-pompiers sans régulation médicale préalable
- EAppeler le Centre 15 pour déclencher une régulation médicale et l'envoi d'une équipe SMUR
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Ce patient présente des signes de détresse hémodynamique et respiratoire (hypotension, tachycardie, polypnée, confusion, crépitants bilatéraux évoquant un œdème pulmonaire ou un choc) nécessitant un transport médicalisé. La régulation par le Centre 15 permet d'évaluer la gravité, de déclencher le moyen le plus adapté (SMUR) et d'anticiper l'orientation vers un service capable de prendre en charge l'urgence vitale, avec surveillance et traitement initiés dès le transport. Le SAMU-Centre 15 est l'interlocuteur obligatoire pour organiser un transport médicalisé en urgence vitale.
- A. Un transport non médicalisé expose à un risque vital en cas d'aggravation pendant le trajet.
- B. Différer la prise en charge devant des signes de détresse vitale expose à une aggravation voire un décès
- C. Une ambulance privée ne dispose pas du matériel ni du personnel pour surveiller une détresse vitale.
- D. Un transport sans régulation médicale ne permet pas d'adapter le moyen et la destination à la gravité clinique.
Urgences environnementales
2 questionsUn enfant de 6 ans est retiré de l'eau d'une piscine après une immersion estimée à 3 minutes. À l'arrivée des secours, il est inconscient, ne respire pas spontanément et ne présente pas de pouls carotidien perceptible. Quelle est la première mesure à réaliser immédiatement ?
- ADébuter la ventilation artificielle avant le massage cardiaque externe
- BDébuter le massage cardiaque externe en priorité avant la ventilation
- CPositionner l'enfant en décubitus latéral de sécurité en attendant le réveil
- DRéaliser une manœuvre de Heimlich pour expulser l'eau inhalée
- EAttendre l'arrivée du SMUR avant tout geste de réanimation
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Contrairement à l'arrêt cardiaque d'origine cardiaque où le massage cardiaque est prioritaire, l'arrêt cardio-respiratoire du noyé est d'origine hypoxique par inhalation liquidienne. Les recommandations préconisent donc de débuter par des insufflations (bouche-à-bouche ou ventilation au masque) avant d'enchaîner sur le massage cardiaque externe, selon la séquence classique adaptée à l'hypoxie initiale. Les manœuvres visant à expulser l'eau des voies aériennes (Heimlich, drainage postural) sont inutiles et retardent la réanimation. Le pronostic dépend essentiellement de la durée de l'hypoxie cérébrale, donc de la rapidité de mise en route de la ventilation.
- B. Le massage cardiaque seul ne corrige pas l'hypoxie, cause principale de l'arrêt dans la noyade, la ventilation doit être initiée en premier.
- C. Un enfant en arrêt cardio-respiratoire ne doit jamais être placé en position latérale de sécurité, la réanimation doit débuter immédiatement.
- D. La manœuvre de Heimlich n'a pas d'indication dans la noyade et retarde la réanimation.
- E. Attendre l'arrivée du SMUR retarde une réanimation dont le pronostic dépend de la précocité des gestes
Un coureur de 28 ans est pris en charge après un marathon par forte chaleur. Il présente une confusion, une température centrale à 41,5 °C, une peau chaude et sèche. La pression artérielle est à 95/55 mmHg, la fréquence cardiaque à 130/min. Après avoir débuté un refroidissement externe actif, quelle complication doit être recherchée en priorité par un bilan biologique dans les heures suivantes ?
- AUne rhabdomyolyse avec risque d'insuffisance rénale aiguë
- BUne hypothyroïdie aiguë
- CUne hyperkaliémie isolée d'origine alimentaire
- DUne anémie hémolytique auto-immune
- EUne hypoglycémie isolée sans autre retentissement
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Le coup de chaleur d'exercice associe une hyperthermie majeure et une atteinte musculaire par lyse cellulaire liée à l'effort intense en ambiance chaude, exposant à une rhabdomyolyse. Celle-ci doit être systématiquement recherchée par le dosage des créatines phosphokinases (CPK) et de la créatinine, car elle peut entraîner une insuffisance rénale aiguë par précipitation tubulaire de myoglobine, aggravée par la déshydratation. La prise en charge associe un refroidissement rapide (objectif de température centrale inférieure à 39 °C en moins d'une heure) et une hydratation adaptée pour prévenir cette complication rénale. La surveillance biologique doit également inclure l'ionogramme et le bilan de coagulation à la recherche d'une CIVD associée.
- B. L'hypothyroïdie aiguë n'est pas une complication du coup de chaleur.
- C. L'hyperkaliémie peut accompagner la rhabdomyolyse mais n'est pas la complication principale recherchée en tant que telle.
- D. L'anémie hémolytique auto-immune n'est pas une complication décrite du coup de chaleur
- E. Une hypoglycémie peut survenir mais n'est pas la complication rénale redoutée à rechercher en priorité.
Questions fréquentes
S'agit-il de vraies questions des EDN ?
Non. Ce sont des questions originales rédigées dans le style des EDN, d'après le référentiel du 2e cycle. Un second modèle indépendant a résolu chaque question sans voir la correction ; les questions à la réponse discutable ont été retirées.
Comment utiliser ces questions de urgences et réanimation ?
Faites d'abord le quiz sans regarder les réponses, puis lisez l'explication de chaque question ratée ou devinée. Le point clé sous chaque réponse est ce qu'il faut retenir.
Les questions sont-elles gratuites ?
Oui. Toutes les questions, réponses et explications de cette page sont gratuites, sans inscription.
Autres spécialités (EDN)
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