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EDN · France

QCM EDN de pneumologie

47 questions originales dans le style des EDN en pneumologie. Pour chacune : la bonne réponse, l'explication, pourquoi les autres propositions sont fausses et le point clé. Faites le quiz ou lisez-les ci-dessous, classées par chapitre.

Questions47 corrigées
Chapitres16
Propositions par question5
Durée≈ 70 min
EDN · Pneumologie : entraînementChoisissez une réponse pour voir aussitôt la bonne proposition et l'explication. Votre meilleur score est enregistré dans ce navigateur.

Asthme

7 questions
1

Une femme de 28 ans consulte pour des épisodes de dyspnée sifflante et de toux nocturne survenant 2 à 3 fois par semaine depuis 4 mois, sans tabagisme ni antécédent notable. L'examen clinique est normal entre les crises. Une spirométrie est réalisée : VEMS/CVF = 68 %, VEMS à 72 % de la valeur théorique. Après inhalation de 400 µg de salbutamol, le VEMS augmente de 15 % et de 220 mL par rapport à la valeur initiale. Quel est l'élément qui permet d'affirmer le diagnostic ?

  1. AL'absence d'anomalie à l'examen clinique entre les crises
  2. BL'augmentation du VEMS de 15 % et 220 mL après bronchodilatateur
  3. CLe rapport VEMS/CVF abaissé à 68 %
  4. DLa fréquence hebdomadaire des symptômes
  5. ELe caractère nocturne des symptômes
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Réponse: B. L'augmentation du VEMS de 15 % et 220 mL après bronchodilatateur

Le diagnostic d'asthme repose sur la démonstration d'un trouble ventilatoire obstructif (TVO) réversible. La réversibilité significative après bronchodilatateur est définie par une augmentation du VEMS d'au moins 12 % et d'au moins 200 mL par rapport à la valeur de base. Ici, l'augmentation de 15 % et 220 mL dépasse ce double seuil, confirmant la réversibilité du TVO et donc le diagnostic d'asthme. Le rapport VEMS/CVF abaissé signe seulement l'existence d'un syndrome obstructif, sans préciser son caractère réversible. Les éléments cliniques orientent vers le diagnostic mais ne le confirment pas, seule l'épreuve fonctionnelle respiratoire avec test de réversibilité permet l'affirmation diagnostique.

  • A. L'examen normal entre les crises est habituel dans l'asthme mais ne permet pas d'affirmer le diagnostic.
  • C. Un VEMS/CVF abaissé traduit un syndrome obstructif mais ne précise pas sa réversibilité.
  • D. La fréquence des symptômes sert à évaluer le contrôle, pas à poser le diagnostic.
  • E. Le caractère nocturne oriente vers l'asthme mais n'est pas un critère diagnostique fonctionnel.
Point clé: Le diagnostic d'asthme repose sur la démonstration spirométrique d'un TVO réversible, défini par une augmentation du VEMS ≥ 12 % et ≥ 200 mL après bronchodilatateur.
2

Un homme de 45 ans suivi pour asthme sous corticostéroïde inhalé à dose moyenne et bêta-2 agoniste de longue durée d'action rapporte, sur les 4 dernières semaines : des symptômes diurnes 4 jours par semaine, un réveil nocturne par semaine lié à l'asthme, une utilisation de salbutamol à la demande 3 fois par semaine, et aucune limitation de ses activités. Selon les critères GINA, comment qualifier le contrôle de son asthme ?

  1. AExacerbation d'asthme en cours
  2. BAsthme non contrôlé
  3. CAsthme contrôlé
  4. DAsthme partiellement contrôlé
  5. EAsthme sévère
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Réponse: B. Asthme non contrôlé

Le GINA évalue le contrôle sur 4 critères des 4 dernières semaines : symptômes diurnes plus de 2 fois par semaine, réveil nocturne, utilisation de bêta-2 agoniste de secours plus de 2 fois par semaine, et limitation d'activité. Trois critères sont ici présents (symptômes diurnes fréquents, réveil nocturne, recours au traitement de secours), ce qui correspond à un asthme non contrôlé (3 à 4 critères présents). Un asthme partiellement contrôlé correspond à la présence de 1 à 2 critères. La sévérité de l'asthme est une notion distincte, appréciée rétrospectivement selon le palier thérapeutique nécessaire pour obtenir le contrôle.

  • A. Aucun signe aigu ne décrit ici une exacerbation en cours.
  • C. Un asthme contrôlé ne présente aucun des 4 critères sur les 4 dernières semaines.
  • D. Un asthme partiellement contrôlé correspond à la présence de 1 à 2 critères, alors que 3 sont ici réunis.
  • E. La sévérité est une notion différente du contrôle, non évaluable par ces seuls éléments.
Point clé: Le contrôle de l'asthme selon le GINA se juge sur 4 critères des 4 dernières semaines ; la présence de 3 à 4 critères définit un asthme non contrôlé.
3

Une patiente de 32 ans, asthmatique connue, utilise actuellement un corticostéroïde inhalé à faible dose associé à un bêta-2 agoniste de longue durée d'action en traitement de fond, avec un recours à cette même association en cas de besoin. Malgré cette prise en charge, elle présente un asthme non contrôlé depuis 2 mois, avec une bonne observance et une technique d'inhalation vérifiée comme correcte. Quelle est la modification thérapeutique la plus appropriée ?

  1. AIntroduire une corticothérapie orale au long cours
  2. BAjouter un bêta-2 agoniste de courte durée d'action seul à la demande
  3. CRemplacer le corticostéroïde inhalé par un antileucotriène
  4. DArrêter le bêta-2 agoniste de longue durée d'action et poursuivre le corticostéroïde inhalé seul
  5. EAugmenter la dose de corticostéroïde inhalé associé au bêta-2 agoniste de longue durée d'action
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Réponse: E. Augmenter la dose de corticostéroïde inhalé associé au bêta-2 agoniste de longue durée d'action

La stratégie GINA repose sur une escalade thérapeutique par paliers lorsque l'asthme reste non contrôlé malgré une bonne observance et une technique d'inhalation correcte. Chez une patiente déjà sous CSI faible dose plus BDLA avec stratégie MART, l'étape suivante logique est l'augmentation de la dose de corticostéroïde inhalé au sein de l'association CSI-BDLA, correspondant au palier supérieur. Les corticostéroïdes oraux au long cours ne sont réservés qu'aux formes sévères non contrôlées malgré un traitement maximal incluant les biothérapies. Le passage à un palier inférieur ou le retrait du BDLA irait à l'encontre de la stratégie d'escalade nécessaire ici.

  • A. La corticothérapie orale au long cours est réservée aux formes sévères après échec des paliers précédents, elle n'est pas indiquée ici.
  • B. Un bêta-2 agoniste de courte durée d'action seul à la demande n'est pas adapté à ce stade et ne correspond pas à une escalade thérapeutique.
  • C. Un antileucotriène seul est un traitement moins efficace que l'association CSI-BDLA et ne constitue pas l'étape d'escalade recommandée.
  • D. Arrêter le BDLA constituerait une désescalade inappropriée alors que l'asthme n'est pas contrôlé.
Point clé: Devant un asthme non contrôlé malgré bonne observance et technique d'inhalation correcte, la stratégie GINA impose une escalade au palier thérapeutique supérieur avant d'envisager les traitements de dernier recours.
4

Une femme de 35 ans est amenée aux urgences pour une crise d'asthme sévère. Elle parle avec difficulté, fréquence respiratoire à 30/min, fréquence cardiaque à 125/min, SpO2 à 90 % en air ambiant, DEP à 35 % de la théorique. Après mise sous oxygène pour obtenir une SpO2 supérieure à 94 %, quelle est l'étape thérapeutique immédiate à associer en priorité ?

  1. ASalbutamol en nébulisation répétée associé à de l'ipratropium
  2. BAntibiothérapie probabiliste à large spectre
  3. CSulfate de magnésium intraveineux en première intention isolée
  4. DThéophylline par voie intraveineuse en première intention
  5. ECorticothérapie orale seule, sans bronchodilatateur inhalé
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Réponse: A. Salbutamol en nébulisation répétée associé à de l'ipratropium

La prise en charge de l'asthme aigu grave repose en première intention sur l'oxygénothérapie associée à des bêta-2 agonistes de courte durée d'action en nébulisation répétées, idéalement associées à un anticholinergique de courte durée d'action (ipratropium) qui potentialise la bronchodilatation. Une corticothérapie systémique (orale ou intraveineuse) est associée mais ne remplace jamais le bronchodilatateur inhalé, son délai d'action étant plus long. L'antibiothérapie n'est indiquée qu'en cas de surinfection documentée. Le sulfate de magnésium et la théophylline sont des traitements de seconde ligne réservés aux formes réfractaires aux bronchodilatateurs inhalés et à la corticothérapie.

  • B. Une antibiothérapie systématique n'est pas indiquée en l'absence de signe de surinfection bactérienne documentée.
  • C. Le sulfate de magnésium est un traitement de seconde ligne, non une première intention isolée.
  • D. La théophylline intraveineuse n'est plus recommandée en première intention du fait de sa marge thérapeutique étroite et de ses effets indésirables.
  • E. La corticothérapie orale est associée mais ne doit jamais se substituer au bronchodilatateur inhalé qui agit plus rapidement.
Point clé: La prise en charge initiale de l'asthme aigu grave associe oxygénothérapie, bêta-2 agonistes de courte durée d'action en nébulisation répétée avec ipratropium, et corticothérapie systémique.
5

Un patient de 40 ans, suivi pour asthme sévère, est amené aux urgences pour une crise d'asthme. À l'arrivée, il présente des troubles de conscience avec somnolence, une bradycardie à 52/min, une pause respiratoire, et l'auscultation pulmonaire ne retrouve aucun murmure vésiculaire ni sibilant audible. Quel est l'élément qui impose, à lui seul, le transfert immédiat en réanimation ?

  1. ALa présence de sibilants diffus bilatéraux
  2. BUne fréquence respiratoire supérieure à 25 par minute
  3. CLe silence auscultatoire associé aux troubles de conscience
  4. DUne fréquence cardiaque supérieure à 110 par minute
  5. EUn débit expiratoire de pointe inférieur à 50 % de la théorique
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Réponse: C. Le silence auscultatoire associé aux troubles de conscience

Le silence auscultatoire associé à des troubles de conscience, une bradycardie et des pauses respiratoires constitue un signe de détresse vitale immédiate dans l'asthme aigu grave. Ce tableau traduit un collapsus bronchique extrême avec une ventilation alvéolaire quasi nulle, ne permettant plus la perception de bruits respiratoires, et impose une prise en charge en réanimation avec possible ventilation mécanique en urgence. Les sibilants, même diffus, témoignent paradoxalement d'une ventilation persistante et sont donc moins inquiétants que leur disparition. Les seuils de fréquence respiratoire, de fréquence cardiaque ou de DEP définissent la sévérité mais ne constituent pas, isolément, des critères de mise en jeu vitale immédiate comme le silence auscultatoire avec troubles de conscience.

  • A. Des sibilants, même diffus, témoignent d'une ventilation persistante et ne constituent pas un signe de gravité extrême.
  • B. Ce seuil définit une exacerbation sévère mais n'impose pas, isolément, une hospitalisation en réanimation.
  • D. Ce seuil définit une exacerbation sévère mais n'est pas, isolément, synonyme de mise en jeu du pronostic vital immédiat.
  • E. Ce seuil définit une exacerbation sévère mais n'est pas, isolément, synonyme de détresse vitale immédiate.
Point clé: Le silence auscultatoire, les troubles de conscience, la bradycardie et les pauses respiratoires sont des signes de détresse vitale immédiate imposant la réanimation dans l'asthme aigu grave.
6

Un homme de 55 ans, asthmatique, est traité depuis 3 ans par corticostéroïde inhalé à dose moyenne. Lors d'une consultation de suivi, il signale une gêne buccale avec sensation de brûlure et un enduit blanchâtre sur la face interne des joues. Quel effet indésirable local des corticostéroïdes inhalés est le plus probablement en cause ?

  1. AOstéoporose cortico-induite
  2. BDysphonie par atrophie des cordes vocales
  3. CCataracte sous-capsulaire postérieure
  4. DFreination de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien
  5. ECandidose oropharyngée
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Réponse: E. Candidose oropharyngée

Les corticostéroïdes inhalés exercent un effet immunosuppresseur local sur la muqueuse oropharyngée, favorisant la prolifération de Candida albicans et la survenue d'une candidose oropharyngée, se manifestant par un enduit blanchâtre et une sensation de brûlure buccale. Ce risque est réduit par le rinçage de la bouche après chaque inhalation et l'utilisation d'une chambre d'inhalation. La dysphonie est également un effet local fréquent mais liée à une myopathie des cordes vocales, sans enduit blanchâtre. Les autres effets proposés (ostéoporose, cataracte, freination surrénalienne) sont des effets systémiques, rares aux doses inhalées habituelles et ne se manifestent pas par des lésions buccales.

  • A. L'ostéoporose est un effet systémique rare aux doses inhalées usuelles, sans rapport avec une lésion buccale.
  • B. La dysphonie se traduit par une modification de la voix sans lésion muqueuse buccale blanchâtre.
  • C. La cataracte est un effet systémique rare et ne provoque pas de lésion buccale.
  • D. La freination surrénalienne est un effet systémique rare aux doses inhalées usuelles, sans rapport avec une lésion buccale.
Point clé: La candidose oropharyngée est l'effet indésirable local le plus fréquent des corticostéroïdes inhalés, prévenue par le rinçage buccal après inhalation.
7

Un peintre industriel de 38 ans, sans antécédent respiratoire, présente depuis 8 mois une toux sèche et une dyspnée sifflante apparaissant systématiquement en fin de semaine de travail et s'améliorant pendant les week-ends et les congés. L'exposition professionnelle à des isocyanates est confirmée. Quelle est la démarche la plus appropriée pour établir le diagnostic d'asthme professionnel ?

  1. AMesurer le DEP de façon répétée au travail et hors travail avec tenue d'un carnet
  2. BConfirmer le diagnostic par une biopsie bronchique en consultation
  3. CPrescrire d'emblée un scanner thoracique haute résolution
  4. DAffirmer le diagnostic sur la seule base du relevé professionnel sans exploration fonctionnelle
  5. ERéaliser uniquement un dosage des IgE totales sériques
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Réponse: A. Mesurer le DEP de façon répétée au travail et hors travail avec tenue d'un carnet

Le diagnostic d'asthme professionnel repose sur la démonstration d'une relation temporelle entre les symptômes et l'exposition professionnelle, objectivée par la mesure répétée du DEP plusieurs fois par jour pendant au moins 2 semaines au travail et au moins 2 semaines hors travail, consignée dans un carnet de surveillance. Une variabilité significative du DEP corrélée à la période d'exposition confirme le lien causal. Les IgE totales et le scanner thoracique ne sont pas des examens de première intention pour ce diagnostic. Une fois confirmé, l'asthme professionnel doit faire l'objet d'une déclaration en maladie professionnelle, l'exposition aux isocyanates figurant au tableau des maladies professionnelles.

  • B. La biopsie bronchique n'a pas sa place dans le diagnostic d'asthme professionnel.
  • C. Le scanner thoracique n'est pas l'examen de première intention pour établir ce diagnostic.
  • D. Le diagnostic nécessite une exploration fonctionnelle objective et ne peut reposer uniquement sur l'interrogatoire.
  • E. Les IgE totales manquent de spécificité et ne permettent pas, seules, d'établir le lien avec l'exposition professionnelle.
Point clé: Le diagnostic d'asthme professionnel repose sur la démonstration d'une variabilité du DEP corrélée à l'exposition professionnelle, suivie d'une déclaration en maladie professionnelle si l'agent causal figure au tableau.

BPCO

6 questions
8

Un homme de 58 ans, tabagique à 35 paquets-années, consulte pour une dyspnée d'effort évoluant depuis plusieurs mois. Une spirométrie est réalisée après administration d'un bronchodilatateur de courte durée d'action. Le rapport VEMS/CVF post-bronchodilatateur est mesuré à 0,65. Quel est l'élément permettant d'affirmer le diagnostic de bronchopneumopathie chronique obstructive ?

  1. AUn rapport VEMS/CVF inférieur à la limite inférieure de la normale avant bronchodilatateur
  2. BUne réversibilité du VEMS supérieure à 12 % après bronchodilatateur
  3. CUne CVF inférieure à 80 % de la valeur prédite
  4. DUn rapport VEMS/CVF post-bronchodilatateur inférieur à 0,70
  5. EUn VEMS inférieur à 50 % de la valeur prédite
Voir la réponse
Réponse: D. Un rapport VEMS/CVF post-bronchodilatateur inférieur à 0,70

Le diagnostic de BPCO repose sur la mise en évidence d'un trouble ventilatoire obstructif non ou incomplètement réversible, défini par un rapport VEMS/CVF post-bronchodilatateur inférieur à 0,70. Ce critère doit être recherché après administration d'un bronchodilatateur pour s'assurer que l'obstruction persiste et n'est pas liée à un asthme réversible. Le VEMS exprimé en pourcentage de la valeur prédite permet ensuite de classer la sévérité de l'obstruction mais n'intervient pas dans la définition diagnostique. La réduction isolée de la CVF oriente vers un trouble restrictif et non obstructif.

  • A. Le rapport doit être mesuré après bronchodilatateur, pas avant, pour confirmer le caractère persistant de l'obstruction.
  • B. Une réversibilité significative oriente vers un asthme et non vers une BPCO.
  • C. Une diminution isolée de la CVF évoque un trouble restrictif, non le diagnostic de BPCO.
  • E. Ce seuil correspond à un stade de sévérité (GOLD 3) et non au critère diagnostique de l'obstruction.
Point clé: Le diagnostic de BPCO repose sur un rapport VEMS/CVF post-bronchodilatateur inférieur à 0,70.
9

Un homme de 42 ans, non-fumeur, consulte pour une dyspnée d'effort progressive. Il travaille depuis quinze ans dans une entreprise de fonderie où il est exposé à des poussières minérales. L'exploration fonctionnelle respiratoire révèle un syndrome obstructif non réversible. Un bilan étiologique est demandé devant ce tableau atypique chez un sujet jeune et non-fumeur. Quel dosage biologique doit être réalisé en priorité pour rechercher une cause génétique à cette BPCO ?

  1. ADosage de la ferritine sérique
  2. BDosage des IgE totales
  3. CDosage de l'alpha-1-antitrypsine sérique
  4. DDosage du complément C3 et C4
  5. EDosage de l'alpha-foetoprotéine
Voir la réponse
Réponse: C. Dosage de l'alpha-1-antitrypsine sérique

Le déficit en alpha-1-antitrypsine est la principale cause génétique de BPCO et doit être recherché devant une BPCO survenant chez un sujet jeune, non-fumeur ou peu fumeur, surtout en présence d'un emphysème prédominant aux bases. L'alpha-1-antitrypsine est une antiprotéase qui protège le parenchyme pulmonaire de l'élastase libérée par les polynucléaires neutrophiles ; son déficit entraîne une destruction progressive des alvéoles par protéolyse non contrôlée. Le dosage sérique est l'examen de première intention, complété si besoin par un phénotypage ou génotypage. Les expositions professionnelles aux poussières minérales ou organiques constituent un autre facteur de risque reconnu de BPCO, indépendant du tabac, mais ne justifient pas ce dosage biologique spécifique.

  • A. La ferritine est utile dans le bilan d'une hémochromatose ou d'un syndrome inflammatoire, sans rapport avec la BPCO.
  • B. Les IgE totales orientent vers une pathologie allergique comme l'asthme, non vers une BPCO d'origine génétique.
  • D. Le dosage du complément est utilisé dans le bilan de pathologies auto-immunes, non dans la BPCO.
  • E. L'alpha-foetoprotéine est un marqueur tumoral hépatique, sans rapport avec cette présentation.
Point clé: Un déficit en alpha-1-antitrypsine doit être recherché par dosage sérique devant une BPCO du sujet jeune, non ou peu fumeur.
10

Une patiente de 61 ans suivie pour BPCO stade GOLD 2, groupe B, reste dyspnéique malgré un traitement par bronchodilatateur de longue durée d'action en monothérapie bien suivi depuis six mois. Elle ne rapporte aucune exacerbation dans l'année écoulée. L'examen clinique est stable et la spirométrie de contrôle est superposable à la précédente. Quelle est la modification thérapeutique la plus appropriée ?

  1. AAjouter un corticoïde oral au long cours à faible dose
  2. BRemplacer la monothérapie par une association de deux bronchodilatateurs de longue durée d'action de classes différentes
  3. CAssocier un corticoïde inhalé au bronchodilatateur de longue durée d'action
  4. DIntroduire une antibiothérapie macrolide au long cours
  5. ERemplacer le bronchodilatateur de longue durée d'action par un bronchodilatateur de courte durée d'action à la demande
Voir la réponse
Réponse: B. Remplacer la monothérapie par une association de deux bronchodilatateurs de longue durée d'action de classes différentes

Devant une dyspnée persistante malgré une monothérapie bronchodilatatrice de longue durée d'action bien conduite, la recommandation est d'associer un bêta-2-agoniste de longue durée d'action et un anticholinergique de longue durée d'action, c'est-à-dire une bithérapie bronchodilatatrice de classes complémentaires. Cette association majore la bronchodilatation par des mécanismes d'action différents et améliore la dyspnée et la tolérance à l'effort. Les corticoïdes inhalés ne sont indiqués qu'en cas d'exacerbations fréquentes ou d'éosinophilie sanguine élevée, ce qui n'est pas le cas ici en l'absence d'exacerbation. La corticothérapie orale au long cours et les macrolides au long cours sont réservés à des situations particulières d'exacerbations répétées malgré un traitement optimal.

  • A. La corticothérapie orale au long cours expose à des effets indésirables majeurs et n'est pas indiquée à ce stade.
  • C. Le corticoïde inhalé est indiqué en cas d'exacerbations fréquentes ou d'hyperéosinophilie, non en l'absence d'exacerbation comme ici.
  • D. Les macrolides au long cours sont réservés aux patients exacerbateurs fréquents malgré une bithérapie optimale, non à ce tableau stable.
  • E. Revenir à un bronchodilatateur de courte durée d'action en monothérapie serait une régression thérapeutique inadaptée.
Point clé: En cas de dyspnée persistante sous monothérapie bronchodilatatrice de longue durée d'action, il faut associer deux bronchodilatateurs de longue durée d'action de classes différentes.
11

Un homme de 70 ans, suivi pour BPCO sévère sous bithérapie bronchodilatatrice, se présente aux urgences pour une majoration de sa dyspnée habituelle depuis trois jours, associée à une augmentation du volume et de la purulence de ses expectorations. À l'examen : fréquence respiratoire à 28/min, fréquence cardiaque à 110/min, saturation en oxygène en air ambiant à 89 %, usage des muscles respiratoires accessoires, et discours entrecoupé par la dyspnée. Quelle est la décision la plus appropriée ?

  1. ARetour à domicile avec majoration des bronchodilatateurs inhalés et antibiothérapie orale
  2. BRéalisation d'une fibroscopie bronchique en urgence
  3. CHospitalisation en raison des signes de gravité respiratoire
  4. DSurveillance aux urgences quatre heures puis retour à domicile si la fréquence respiratoire diminue
  5. EPrescription d'une corticothérapie orale seule avec réévaluation à 48 heures en ambulatoire
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Réponse: C. Hospitalisation en raison des signes de gravité respiratoire

L'hospitalisation est indiquée devant des signes de gravité tels qu'une saturation en oxygène inférieure à 90 % en air ambiant, une polypnée supérieure à 25/min, une tachycardie, l'usage des muscles respiratoires accessoires ou un discours entrecoupé, témoignant d'une exacerbation sévère. Ces critères, associés à l'absence d'amélioration rapide prévisible, imposent une prise en charge hospitalière pour surveillance, oxygénothérapie adaptée et traitement intensif. Un retour à domicile, même avec adaptation thérapeutique, exposerait le patient à un risque de décompensation respiratoire aiguë. La fibroscopie bronchique n'a pas d'indication en urgence dans ce contexte d'exacerbation infectieuse typique.

  • A. Les signes de gravité présents contre-indiquent un retour à domicile sans hospitalisation.
  • B. La fibroscopie n'est pas indiquée en première intention devant une exacerbation typique sans suspicion de corps étranger ou de tumeur.
  • D. Une simple surveillance courte aux urgences est insuffisante devant ces signes de détresse respiratoire.
  • E. La présence de signes de gravité impose une hospitalisation et non une simple prescription ambulatoire.
Point clé: Une saturation inférieure à 90 %, une polypnée marquée ou l'usage des muscles respiratoires accessoires imposent l'hospitalisation lors d'une exacerbation de BPCO.
12

Une patiente de 68 ans, suivie pour BPCO sévère, bénéficie d'un contrôle gazométrique à l'état stable, à distance de toute exacerbation, sous traitement optimal. La gazométrie artérielle en air ambiant montre une pression partielle en oxygène (PaO2) à 52 mmHg et une pression partielle en dioxyde de carbone (PaCO2) à 44 mmHg, sans polyglobulie ni signe de cœur pulmonaire chronique. Un second contrôle réalisé trois semaines plus tard confirme ces valeurs. Quelle est la conduite à tenir concernant l'oxygénothérapie ?

  1. AOxygénothérapie indiquée uniquement à l'effort, sans oxygénothérapie continue au repos
  2. BOxygénothérapie non indiquée, car la PaO2 est supérieure à 50 mmHg
  3. COxygénothérapie indiquée seulement si une polyglobulie secondaire est confirmée
  4. DOxygénothérapie de longue durée indiquée, car la PaO2 est inférieure à 55 mmHg à deux reprises à l'état stable
  5. EOxygénothérapie indiquée uniquement pendant les exacerbations
Voir la réponse
Réponse: D. Oxygénothérapie de longue durée indiquée, car la PaO2 est inférieure à 55 mmHg à deux reprises à l'état stable

L'oxygénothérapie de longue durée est indiquée dans la BPCO lorsque la PaO2 mesurée à l'état stable, à au moins trois semaines d'intervalle de toute exacerbation, est inférieure ou égale à 55 mmHg, confirmée par deux gazométries artérielles. Elle peut également être proposée pour une PaO2 comprise entre 56 et 59 mmHg en présence de signes de retentissement tels qu'une polyglobulie, des signes de cœur pulmonaire chronique ou des désaturations nocturnes. Ici, la PaO2 est mesurée à deux reprises à 52 mmHg à l'état stable, ce qui suffit à poser l'indication indépendamment de la présence de complications associées. L'objectif est de maintenir la PaO2 au-dessus de 60 mmHg pendant au moins 15 heures par jour, incluant la nuit.

  • A. L'oxygénothérapie de longue durée doit être administrée au moins 15 heures par jour incluant le repos et la nuit, pas seulement à l'effort.
  • B. La PaO2 à 52 mmHg est inférieure au seuil de 55 mmHg, ce qui justifie l'indication, contrairement à cette proposition.
  • C. Une PaO2 inférieure ou égale à 55 mmHg suffit seule à l'indication, sans nécessité de polyglobulie associée.
  • E. L'oxygénothérapie de longue durée doit être administrée au moins 15 heures par jour en continu, pas seulement lors des exacerbations.
Point clé: L'oxygénothérapie de longue durée est indiquée devant une PaO2 inférieure ou égale à 55 mmHg à l'état stable, confirmée à deux reprises à trois semaines d'intervalle.
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Un homme de 73 ans, suivi pour BPCO sévère avec hypoxémie chronique sous oxygénothérapie de longue durée, consulte pour l'apparition d'œdèmes des membres inférieurs bilatéraux et prenant le godet, associés à une turgescence jugulaire. L'auscultation cardiaque retrouve un éclat du deuxième bruit au foyer pulmonaire. L'échographie cardiaque transthoracique montre une dilatation des cavités droites avec une pression artérielle pulmonaire systolique estimée à 48 mmHg, et une fonction systolique du ventricule gauche normale. Quel est le diagnostic le plus probable ?

  1. APéricardite constrictive
  2. BSyndrome néphrotique
  3. CInsuffisance cardiaque gauche décompensée
  4. DCœur pulmonaire chronique
  5. EEmbolie pulmonaire aiguë
Voir la réponse
Réponse: D. Cœur pulmonaire chronique

Le cœur pulmonaire chronique correspond à une hypertrophie puis une dilatation des cavités cardiaques droites secondaire à une hypertension artérielle pulmonaire chronique, elle-même induite par l'hypoxémie chronique et le remodelage vasculaire pulmonaire liés à la BPCO. Les signes cliniques associent des œdèmes des membres inférieurs, une turgescence jugulaire et un éclat du deuxième bruit au foyer pulmonaire témoignant de l'hypertension pulmonaire. L'échocardiographie confirme le diagnostic en montrant la dilatation des cavités droites et l'élévation de la pression artérielle pulmonaire systolique, avec une fonction systolique du ventricule gauche préservée, ce qui exclut une cause gauche. La prise en charge repose avant tout sur l'optimisation de l'oxygénothérapie pour corriger l'hypoxémie chronique responsable du remodelage vasculaire pulmonaire.

  • A. La péricardite constrictive ne rendrait pas compte de la dilatation isolée des cavités droites liée à l'hypertension pulmonaire chez ce patient.
  • B. Le syndrome néphrotique s'accompagne d'une protéinurie et d'une hypoalbuminémie, non décrites ici, et ne rend pas compte des anomalies échocardiographiques.
  • C. La fonction systolique du ventricule gauche est normale, ce qui exclut une insuffisance cardiaque gauche comme cause de ce tableau.
  • E. Une embolie pulmonaire aiguë se présenterait de façon brutale et ne rendrait pas compte d'une dilatation chronique des cavités droites installée progressivement.
Point clé: Le cœur pulmonaire chronique résulte de l'hypertension artérielle pulmonaire induite par l'hypoxémie chronique de la BPCO et se manifeste par une insuffisance cardiaque droite.
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Infections respiratoires basses

4 questions
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Un homme de 32 ans, sans antécédent, consulte pour une toux sèche puis productive évoluant depuis 3 jours, associée à une fièvre à 38,2 °C. L'examen clinique retrouve une fréquence respiratoire à 16/min, une saturation en oxygène à 98 % en air ambiant, et une auscultation pulmonaire symétrique sans foyer ni signe de lutte. Il n'y a pas de douleur thoracique ni de dyspnée. Quelle est la prise en charge la plus appropriée ?

  1. AAntibiothérapie par amoxicilline-acide clavulanique pendant 7 jours
  2. BTraitement symptomatique seul, sans antibiotique
  3. CAntibiothérapie par amoxicilline pendant 7 jours
  4. DRadiographie thoracique systématique avant toute décision
  5. ECorticothérapie orale courte associée à un traitement symptomatique
Voir la réponse
Réponse: B. Traitement symptomatique seul, sans antibiotique

La bronchite aiguë de l'adulte sain est une infection virale dans la grande majorité des cas, et son évolution est spontanément favorable en 1 à 3 semaines. L'antibiothérapie n'a pas démontré de bénéfice sur la durée des symptômes ou la prévention des complications chez le sujet sans comorbidité, et son usage favorise l'émergence de résistances bactériennes. La prise en charge repose donc sur le traitement symptomatique (antipyrétiques, hydratation) et l'information du patient sur l'évolution attendue. L'absence de signes de gravité ou de foyer auscultatoire ne justifie pas d'imagerie thoracique d'emblée.

  • A. L'association amoxicilline-acide clavulanique n'apporte aucun bénéfice et expose à un risque iatrogène inutile.
  • C. L'antibiothérapie n'est pas indiquée dans la bronchite aiguë du sujet sain, quelle que soit la molécule choisie.
  • D. La radiographie thoracique n'est pas systématique en l'absence de signe de gravité ou de point d'appel pour une pneumonie.
  • E. La corticothérapie orale n'a pas de place dans la bronchite aiguë non compliquée.
Point clé: La bronchite aiguë de l'adulte sain, le plus souvent virale, ne justifie pas d'antibiothérapie et relève d'un traitement symptomatique.
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Une femme de 45 ans consulte en période épidémique hivernale pour une fièvre à 39,5 °C d'installation brutale depuis la veille, associée à des myalgies diffuses, des céphalées, une asthénie intense et une toux sèche. L'examen clinique est par ailleurs normal, sans foyer auscultatoire. Quel élément est le plus déterminant pour poser le diagnostic de grippe dans ce contexte ?

  1. ALa présence d'un tableau clinique typique en période d'épidémie grippale
  2. BLe dosage de la protéine C-réactive sanguine
  3. CLa réalisation systématique d'une PCR multiplex virale respiratoire
  4. DLa réalisation d'une radiographie thoracique à la recherche d'un foyer
  5. ELa réalisation systématique d'un test antigénique rapide nasopharyngé
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Réponse: A. La présence d'un tableau clinique typique en période d'épidémie grippale

En période épidémique, le diagnostic de grippe saisonnière est avant tout clinique, devant un tableau typique associant début brutal, fièvre élevée, myalgies, céphalées et asthénie intense, avec signes respiratoires souvent modérés au premier plan. Les tests virologiques (antigéniques rapides, PCR) ne sont pas systématiques chez le sujet sans facteur de risque et sans signe de gravité : ils sont réservés aux formes graves, aux patients à risque de complication, ou aux enjeux de santé publique (collectivités, femmes enceintes, immunodéprimés). La CRP et l'imagerie thoracique n'ont pas d'intérêt diagnostique en l'absence de signe clinique orientant vers une surinfection bactérienne.

  • B. La CRP n'est pas un outil diagnostique de la grippe et ne modifie pas la prise en charge en l'absence de signe de gravité.
  • C. La PCR multiplex n'est pas systématique en ambulatoire chez un patient sans facteur de risque ni signe de gravité.
  • D. La radiographie thoracique n'est indiquée qu'en cas de suspicion de complication, notamment de surinfection bactérienne.
  • E. Le test antigénique rapide n'est pas systématique en ville devant un tableau clinique typique sans facteur de gravité.
Point clé: Le diagnostic de grippe saisonnière est clinique en période épidémique, les tests virologiques étant réservés aux formes graves ou à risque de complication.
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Une femme de 68 ans, suivie pour une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) de stade modéré, se présente à une consultation de suivi en octobre. Elle n'a jamais été vaccinée contre la grippe ni contre le pneumocoque. Quelle est la stratégie vaccinale à proposer selon les recommandations en vigueur ?

  1. AVaccination antipneumococcique seule, répétée chaque année
  2. BVaccination antigrippale annuelle et vaccination antipneumococcique selon le schéma séquentiel recommandé
  3. CVaccination antigrippale annuelle seule, le vaccin pneumococcique n'étant pas recommandé dans la BPCO
  4. DVaccination antigrippale uniquement en cas d'épidémie déclarée dans la région
  5. EAucune vaccination avant la réalisation d'une sérologie pneumococcique préalable
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Réponse: B. Vaccination antigrippale annuelle et vaccination antipneumococcique selon le schéma séquentiel recommandé

La BPCO est une pathologie respiratoire chronique qui expose à un risque accru de forme grave de grippe et d'infection invasive à pneumocoque, justifiant une vaccination antigrippale annuelle et une vaccination antipneumococcique. Le schéma recommandé chez l'adulte à risque non préalablement vacciné associe une dose de vaccin conjugué (VPC13 ou VPC15 selon disponibilité) suivie d'une dose de vaccin polysaccharidique (VPP23) au moins 8 semaines plus tard. Ces deux vaccinations peuvent être réalisées au même moment que la vaccination grippale, sur des sites d'injection différents. Il n'existe pas d'indication à une sérologie pneumococcique préalable à la vaccination.

  • A. Le vaccin antipneumococcique polysaccharidique ne se répète pas chaque année ; le schéma suit une séquence conjugué puis polysaccharidique.
  • C. Le vaccin pneumococcique est au contraire recommandé chez le patient BPCO, qui est considéré comme à risque.
  • D. La vaccination antigrippale doit être annuelle et systématique chez le sujet à risque, indépendamment de la circulation épidémique locale.
  • E. Aucune sérologie préalable n'est nécessaire avant une vaccination antipneumococcique.
Point clé: Chez le patient atteint de BPCO, la vaccination antigrippale annuelle et la vaccination antipneumococcique séquentielle (conjugué puis polysaccharidique) sont recommandées.
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Un homme de 71 ans, hypertendu et diabétique de type 2, est hospitalisé pour une pneumonie à SARS-CoV-2 confirmée par PCR nasopharyngée, évoluant depuis 6 jours. À l'admission, la fréquence respiratoire est à 28/min, la saturation en oxygène à 90 % en air ambiant corrigée à 95 % sous 3 L/min d'oxygène au masque, et le scanner thoracique montre des lésions en verre dépoli bilatérales atteignant plus de 50 % du parenchyme. Quelle association thérapeutique est la plus appropriée à ce stade ?

  1. AHydroxychloroquine associée à l'azithromycine
  2. BAntibiothérapie probabiliste à large spectre associée à un antiviral oral
  3. COxygénothérapie seule, sans corticothérapie ni anticoagulation
  4. DCorticothérapie inhalée associée à des bronchodilatateurs de courte durée d'action
  5. EDexaméthasone par voie orale ou intraveineuse associée à une héparine à dose prophylactique
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Réponse: E. Dexaméthasone par voie orale ou intraveineuse associée à une héparine à dose prophylactique

Chez un patient hospitalisé pour COVID-19 nécessitant une oxygénothérapie, la corticothérapie par dexaméthasone (6 mg/j pendant 10 jours ou jusqu'à la sortie) réduit la mortalité en limitant la réponse inflammatoire pulmonaire excessive, selon les résultats de l'essai RECOVERY. Une anticoagulation prophylactique par héparine de bas poids moléculaire est systématiquement associée chez tout patient hospitalisé pour COVID-19 en l'absence de contre-indication, du fait du risque thromboembolique élevé associé à l'infection. L'oxygénothérapie seule est insuffisante dès qu'il existe un besoin en oxygène avec une atteinte parenchymateuse étendue. L'hydroxychloroquine et l'azithromycine n'ont montré aucun bénéfice clinique et ne sont plus recommandées.

  • A. L'association hydroxychloroquine-azithromycine n'a pas démontré d'efficacité et n'est plus recommandée dans le COVID-19.
  • B. L'antibiothérapie probabiliste n'est justifiée qu'en cas de surinfection bactérienne documentée ou fortement suspectée, non systématiquement.
  • C. L'oxygénothérapie seule est insuffisante : la corticothérapie et l'anticoagulation préventive ont démontré un bénéfice chez le patient oxygénorequérant.
  • D. La corticothérapie inhalée et les bronchodilatateurs ne sont pas le traitement recommandé dans la pneumonie à COVID-19 sévère.
Point clé: Chez le patient hospitalisé pour COVID-19 avec besoin en oxygène, la dexaméthasone et l'anticoagulation prophylactique réduisent la morbi-mortalité.

Tuberculose

4 questions
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Un homme de 38 ans, originaire d'un pays de forte endémie tuberculeuse, arrivé en France depuis 2 mois, consulte pour une toux productive évoluant depuis 5 semaines, associée à un amaigrissement de 6 kg, des sueurs nocturnes et une fébricule vespérale à 37,8 °C. La radiographie thoracique montre une opacité excavée du segment apical du lobe supérieur droit. Quel diagnostic est le plus probable ?

  1. ATuberculose pulmonaire
  2. BAspergillome pulmonaire
  3. CPneumonie à pneumocoque excavée
  4. DCancer bronchique excavé
  5. EAbcès pulmonaire à anaérobies
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Réponse: A. Tuberculose pulmonaire

L'association d'une toux chronique de plus de 3 semaines, d'une altération de l'état général avec amaigrissement, de sueurs nocturnes et d'une fébricule vespérale chez un patient originaire d'une zone de forte endémie est très évocatrice de tuberculose pulmonaire. La localisation apicale ou postéro-apicale des lésions, pouvant s'excaver, est caractéristique de la tuberculose post-primaire par sa tropicité pour les zones les mieux oxygénées du poumon. La pneumonie à pneumocoque évolue de façon aiguë et ne s'excave pas typiquement, contrairement à ce tableau subaigu. Le contexte épidémiologique et la cinétique d'évolution orientent fortement vers la tuberculose plutôt que vers les autres diagnostics différentiels d'excavation pulmonaire.

  • B. L'aspergillome se développe typiquement sur une cavité préexistante et ne rend pas compte isolément de ce tableau fébrile avec altération de l'état général.
  • C. La pneumonie à pneumocoque a une présentation aiguë et ne s'excave habituellement pas.
  • D. Le cancer bronchique excavé est possible à cet âge mais le contexte épidémiologique et le syndrome imprégnation sont bien plus en faveur d'une tuberculose.
  • E. L'abcès à anaérobies survient classiquement sur un terrain de trouble de la déglutition ou de mauvaise hygiène dentaire, avec une évolution plus aiguë et des crachats fétides.
Point clé: La tuberculose pulmonaire se présente typiquement par une toux chronique fébrile avec syndrome d'imprégnation et une atteinte radiologique apicale pouvant s'excaver.
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Chez un patient présentant une suspicion clinique et radiologique forte de tuberculose pulmonaire, trois prélèvements d'expectoration sont adressés au laboratoire. Quel examen permet d'affirmer le diagnostic de certitude de tuberculose active et de guider le traitement initial ?

  1. ALe test immunologique de libération d'interféron gamma (IGRA)
  2. BLe dosage sanguin de l'adénosine désaminase
  3. CL'examen microscopique direct après coloration de Ziehl-Neelsen
  4. DLa culture sur milieu spécifique avec identification de Mycobacterium tuberculosis
  5. EL'intradermoréaction à la tuberculine
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Réponse: D. La culture sur milieu spécifique avec identification de Mycobacterium tuberculosis

La culture des prélèvements respiratoires sur milieu spécifique (milieu de Löwenstein-Jensen ou milieu liquide automatisé) permet d'isoler et d'identifier Mycobacterium tuberculosis avec certitude, et constitue le test de référence pour le diagnostic de tuberculose active. Elle permet en outre la réalisation d'un test de sensibilité aux antituberculeux, indispensable pour adapter le traitement en cas de résistance. L'examen direct avec coloration de Ziehl-Neelsen est plus rapide et oriente fortement le diagnostic, mais il ne distingue pas les mycobactéries atypiques de M. tuberculosis et sa sensibilité est inférieure à celle de la culture. L'IGRA et l'intradermoréaction témoignent d'un contact antérieur avec le bacille mais ne permettent pas d'affirmer une tuberculose active.

  • A. L'IGRA témoigne d'un contact immunitaire avec le bacille tuberculeux mais ne permet pas de distinguer infection latente et tuberculose active.
  • B. Le dosage de l'adénosine désaminase est utile en cas d'épanchement pleural tuberculeux mais n'est pas le test de certitude diagnostique de référence.
  • C. L'examen direct oriente le diagnostic et permet d'évaluer la contagiosité, mais ne permet pas de distinguer M. tuberculosis des mycobactéries atypiques ni d'affirmer la certitude diagnostique.
  • E. L'intradermoréaction à la tuberculine présente les mêmes limites que l'IGRA et ne permet pas d'affirmer la maladie active.
Point clé: La culture mycobactérienne reste l'examen de référence pour affirmer le diagnostic de tuberculose active et tester la sensibilité aux antituberculeux.
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Une patiente de 29 ans, sans antécédent, est diagnostiquée avec une tuberculose pulmonaire à bacilles sensibles. Un traitement antituberculeux standard est débuté. Quel schéma thérapeutique est conforme aux recommandations actuelles ?

  1. AIsoniazide, rifampicine et pyrazinamide pendant 6 mois sans phase d'entretien différenciée
  2. BIsoniazide, rifampicine, éthambutol et pyrazinamide pendant 6 mois en continu
  3. CIsoniazide et rifampicine seuls pendant 6 mois dès le début du traitement
  4. DIsoniazide, rifampicine, éthambutol et pyrazinamide pendant 2 mois, puis isoniazide et rifampicine pendant 4 mois
  5. ERifampicine et éthambutol pendant 2 mois, puis isoniazide et pyrazinamide pendant 4 mois
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Réponse: D. Isoniazide, rifampicine, éthambutol et pyrazinamide pendant 2 mois, puis isoniazide et rifampicine pendant 4 mois

Le schéma thérapeutique standard de la tuberculose à bacilles sensibles associe une quadrithérapie initiale par isoniazide, rifampicine, éthambutol et pyrazinamide pendant 2 mois, suivie d'une bithérapie d'entretien par isoniazide et rifampicine pendant 4 mois, pour une durée totale de 6 mois. La phase initiale vise à réduire rapidement la population bacillaire et à prévenir l'émergence de résistances, tandis que l'éthambutol protège contre une résistance méconnue à l'isoniazide ou à la rifampicine en attendant les résultats de l'antibiogramme. La phase d'entretien élimine les bacilles à multiplication lente persistants. Une durée prolongée à 9 ou 12 mois est réservée à certaines formes (atteinte neuroméningée, osseuse) ou en cas de résistance.

  • A. Ce schéma omet l'éthambutol en phase initiale et ne respecte pas la différenciation classique entre phase intensive et phase d'entretien.
  • B. Le maintien du pyrazinamide et de l'éthambutol sur 6 mois complets n'est pas nécessaire et expose à une toxicité inutile, notamment hépatique et oculaire.
  • C. L'absence de quadrithérapie initiale expose à un risque accru de sélection de résistances avant obtention de l'antibiogramme.
  • E. Ce schéma ne correspond à aucune recommandation standard et omet l'isoniazide en phase initiale alors qu'il est un pilier du traitement.
Point clé: Le traitement standard de la tuberculose sensible associe une quadrithérapie de 2 mois puis une bithérapie isoniazide-rifampicine de 4 mois, soit 6 mois au total.
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Un patient de 54 ans traité depuis 3 semaines par quadrithérapie antituberculeuse (isoniazide, rifampicine, éthambutol, pyrazinamide) rapporte une baisse de l'acuité visuelle et une difficulté à distinguer le rouge du vert à l'œil gauche. Quel médicament de cette association est le plus probablement responsable de cet effet indésirable ?

  1. APyrazinamide
  2. BStreptomycine
  3. CRifampicine
  4. DÉthambutol
  5. EIsoniazide
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Réponse: D. Éthambutol

L'éthambutol est responsable d'une névrite optique rétrobulbaire dose-dépendante, se manifestant par une baisse de l'acuité visuelle et une dyschromatopsie, classiquement un déficit de la perception du rouge et du vert. Cet effet indésirable impose l'arrêt immédiat et définitif de l'éthambutol dès son apparition, car il peut évoluer vers une atteinte irréversible s'il n'est pas reconnu à temps. Un examen ophtalmologique avec test de vision des couleurs est recommandé avant l'instauration du traitement et en cas de symptôme visuel en cours de traitement. L'isoniazide est plutôt associé à une neuropathie périphérique et à une hépatotoxicité, tandis que la rifampicine expose à une hépatotoxicité et à des interactions médicamenteuses.

  • A. Le pyrazinamide est principalement hépatotoxique et peut provoquer une hyperuricémie, sans toxicité oculaire spécifique.
  • B. La streptomycine, lorsqu'elle est utilisée, est surtout ototoxique et néphrotoxique, pas responsable de névrite optique.
  • C. La rifampicine expose principalement à une hépatotoxicité, des interactions médicamenteuses et une coloration orangée des sécrétions.
  • E. L'isoniazide est surtout associé à une neuropathie périphérique et une hépatotoxicité, pas à une névrite optique.
Point clé: L'éthambutol peut provoquer une névrite optique rétrobulbaire avec dyschromatopsie rouge-vert, imposant son arrêt immédiat et définitif.

Cancer bronchique

7 questions
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Un homme de 62 ans, tabagique à 45 paquets-années, consulte pour une toux persistante depuis 6 semaines associée à une asthénie et un amaigrissement de 4 kg. Il rapporte également des douleurs thoraciques basithoraciques droites augmentées à l'inspiration. L'examen clinique retrouve une diminution du murmure vésiculaire à la base droite. Quel est le facteur de risque principal à rechercher systématiquement dans cette situation ?

  1. AAntécédent de reflux gastro-œsophagien
  2. BExposition professionnelle à l'amiante
  3. CAntécédent de tuberculose pulmonaire traitée
  4. DInfection chronique par le virus de l'hépatite C
  5. EConsommation chronique d'alcool
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Réponse: B. Exposition professionnelle à l'amiante

Le tabagisme est le principal facteur de risque du cancer bronchique, présent chez ce patient avec une intoxication tabagique majeure de 45 paquets-années. L'exposition professionnelle à l'amiante constitue le second facteur de risque le plus fréquent et doit être systématiquement recherchée par l'interrogatoire professionnel détaillé, car elle ouvre droit à une reconnaissance en maladie professionnelle et influence la prise en charge médico-légale. Les autres facteurs proposés ne sont pas des facteurs de risque reconnus du cancer bronchique. La co-exposition tabac-amiante multiplie le risque de façon synergique.

  • A. Le reflux gastro-œsophagien n'est pas associé au cancer bronchique.
  • C. La tuberculose pulmonaire ancienne n'est pas un facteur de risque reconnu de cancer bronchique, à la différence de certaines séquelles fibreuses rares.
  • D. L'hépatite C n'est pas un facteur de risque du cancer bronchique.
  • E. La consommation d'alcool n'est pas un facteur de risque établi du cancer bronchique primitif.
Point clé: Après le tabagisme, l'exposition professionnelle à l'amiante est le second facteur de risque à rechercher systématiquement devant une suspicion de cancer bronchique, pour ses implications médico-légales.
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Une femme de 58 ans, ancienne fumeuse, présente une masse pulmonaire hilaire droite de 4 cm découverte sur une tomodensitométrie thoracique réalisée pour hémoptysies répétées. La masse est visible en endobronchique sur le scanner, au niveau de la bronche souche droite. Quel examen permet d'obtenir le diagnostic de certitude histologique dans cette situation ?

  1. AMédiastinoscopie cervicale
  2. BPonction-biopsie transthoracique guidée par scanner
  3. CCytologie des crachats répétée sur trois jours consécutifs
  4. DTomographie par émission de positons au 18F-FDG
  5. EFibroscopie bronchique avec biopsies
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Réponse: E. Fibroscopie bronchique avec biopsies

La fibroscopie bronchique avec biopsies est l'examen de référence pour le diagnostic histologique lorsque la lésion est visible et accessible en endobronchique, comme c'est le cas ici avec une masse de la bronche souche droite. Elle permet des biopsies directes de la tumeur, un lavage bronchoalvéolaire et des brossages, optimisant le rendement diagnostique. La ponction-biopsie transthoracique est réservée aux lésions périphériques non accessibles par voie endobronchique. La cytologie des crachats et la TEP-FDG n'apportent pas de diagnostic histologique de certitude, et la médiastinoscopie explore le médiastin, pas la lésion bronchique elle-même.

  • A. La médiastinoscopie explore les adénopathies médiastinales pour le bilan d'extension, pas la tumeur bronchique primitive.
  • B. Cette technique est indiquée pour les lésions périphériques inaccessibles en fibroscopie, non pour une masse endobronchique visible.
  • C. La cytologie des crachats a une sensibilité faible et ne permet pas un diagnostic histologique de certitude.
  • D. La TEP-FDG est un examen de bilan d'extension métabolique, pas un outil de diagnostic histologique.
Point clé: Devant une tumeur bronchique visible en endobronchique, la fibroscopie bronchique avec biopsies est l'examen de référence pour la confirmation histologique.
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Un homme de 67 ans a un diagnostic confirmé d'adénocarcinome bronchique du lobe supérieur gauche de 3 cm, sans adénopathie médiastinale sur le scanner thoracique. La TEP-TDM au 18F-FDG retrouve une fixation hypermétabolique de la tumeur primitive ainsi qu'une fixation intense d'un nodule surrénalien droit de 2,5 cm. Quelle est l'étape suivante la plus appropriée dans la prise en charge ?

  1. AConsidérer d'emblée ce nodule comme une métastase et proposer une chimiothérapie palliative
  2. BProgrammer directement une exérèse chirurgicale pulmonaire sans autre exploration
  3. CRéaliser une biopsie du nodule surrénalien pour confirmer ou éliminer une métastase
  4. DRécuser la fixation surrénalienne comme un incidentalome bénin sans exploration complémentaire
  5. ERéaliser une IRM cérébrale seule pour compléter le bilan d'extension
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Réponse: C. Réaliser une biopsie du nodule surrénalien pour confirmer ou éliminer une métastase

Une fixation hypermétabolique surrénalienne à la TEP-FDG chez un patient porteur d'un cancer bronchique non à petites cellules doit faire suspecter une métastase, mais la glande surrénale est également un site fréquent d'adénomes bénins hypermétaboliques pouvant donner des faux positifs. Devant une anomalie surrénalienne qui, si elle est confirmée métastatique, changerait la stratégie thérapeutique (contre-indication à la chirurgie curative), une preuve histologique par biopsie est indispensable avant toute décision thérapeutique. Affirmer la nature métastatique sans preuve, ou au contraire l'ignorer, expose à une erreur de stadification lourde de conséquences.

  • A. Affirmer la nature métastatique sans preuve histologique expose à un surtraitement si le nodule est en réalité un adénome bénin.
  • B. Une exérèse chirurgicale curative ne peut être proposée qu'après exclusion formelle d'une métastase à distance.
  • D. Ignorer une fixation hypermétabolique suspecte sans exploration expose à un sous-stadification et une chirurgie inappropriée.
  • E. L'IRM cérébrale fait partie du bilan d'extension standard mais ne permet pas de trancher sur la nature du nodule surrénalien, qui nécessite une preuve histologique dédiée.
Point clé: Toute fixation hypermétabolique surrénalienne isolée découverte lors du bilan d'extension d'un cancer bronchique doit être prouvée histologiquement avant d'être retenue comme métastatique, en raison du risque de faux positif lié aux adénomes surrénaliens.
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Une femme de 52 ans, non fumeuse, est diagnostiquée avec un adénocarcinome pulmonaire métastatique. L'analyse moléculaire tumorale révèle un réarrangement du gène ALK. Quelle est l'implication thérapeutique de ce résultat ?

  1. AUn inhibiteur de tyrosine kinase ciblant ALK peut être proposé en traitement de première ligne
  2. BCe résultat n'a aucune valeur thérapeutique chez les patients non fumeurs
  3. CUne chimiothérapie à base de sels de platine est contre-indiquée
  4. DUne immunothérapie par anti-PD1 en monothérapie est le traitement de référence
  5. ECe réarrangement constitue un facteur de mauvais pronostic justifiant une radiothérapie exclusive
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Réponse: A. Un inhibiteur de tyrosine kinase ciblant ALK peut être proposé en traitement de première ligne

Le réarrangement du gène ALK (souvent EML4-ALK) est une altération moléculaire actionnable retrouvée préférentiellement chez des patients jeunes, non ou peu fumeurs, porteurs d'un adénocarcinome. Il active de façon constitutive une voie de signalisation oncogénique favorisant la prolifération tumorale. Sa détection permet de proposer un inhibiteur de tyrosine kinase spécifique d'ALK en première ligne thérapeutique, avec des taux de réponse et une survie sans progression nettement supérieurs à la chimiothérapie conventionnelle. L'immunothérapie en monothérapie est généralement moins efficace dans ce sous-groupe moléculaire et n'est pas le traitement de référence en présence d'une altération actionnable.

  • B. Le statut tabagique ne remet pas en cause la valeur thérapeutique de l'altération moléculaire, qui guide le choix du traitement ciblé.
  • C. La chimiothérapie à base de platine reste utilisable, notamment en cas de progression sous inhibiteur de tyrosine kinase, elle n'est pas contre-indiquée.
  • D. L'immunothérapie anti-PD1 seule est moins efficace en présence d'un réarrangement ALK et n'est pas le traitement de référence dans ce contexte.
  • E. Le réarrangement ALK n'est pas une indication de radiothérapie exclusive et n'est pas en soi un facteur de mauvais pronostic sous traitement ciblé adapté.
Point clé: La mise en évidence d'un réarrangement ALK dans un adénocarcinome bronchique métastatique justifie l'instauration d'un inhibiteur de tyrosine kinase ciblé en première ligne thérapeutique.
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Un homme de 64 ans, fumeur, présente une faiblesse musculaire proximale progressive des membres inférieurs évoluant depuis deux mois, avec une amélioration paradoxale de la force musculaire à l'effort répété. L'examen neurologique retrouve une abolition des réflexes ostéotendineux qui réapparaissent après contraction musculaire volontaire soutenue. Un scanner thoracique révèle une masse médiastinale. Quel est le mécanisme le plus probable expliquant ce tableau clinique ?

  1. ACompression médullaire par métastase vertébrale
  2. BCarence en vitamine B12 par malabsorption paranéoplasique
  3. CProduction d'auto-anticorps dirigés contre les canaux calciques voltage-dépendants présynaptiques
  4. DProduction ectopique d'hormone antidiurétique par les cellules tumorales
  5. EInfiltration tumorale directe des racines nerveuses lombaires
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Réponse: C. Production d'auto-anticorps dirigés contre les canaux calciques voltage-dépendants présynaptiques

Ce tableau est typique d'un syndrome myasthénique de Lambert-Eaton, syndrome paranéoplasique classiquement associé au cancer bronchique à petites cellules. Il résulte de la production d'auto-anticorps dirigés contre les canaux calciques voltage-dépendants de la membrane présynaptique de la jonction neuromusculaire, réduisant la libération d'acétylcholine. Cliniquement, il se traduit par une faiblesse musculaire proximale avec un phénomène de facilitation à l'effort répété (contrairement à la myasthénie auto-immune classique) et une abolition des réflexes ostéotendineux qui se normalisent après effort musculaire soutenu. La recherche systématique d'un cancer bronchique à petites cellules est indispensable devant ce syndrome chez un fumeur.

  • A. Une compression médullaire donnerait un syndrome pyramidal avec hyperréflexie, pas une abolition des réflexes s'améliorant à l'effort.
  • B. La carence en vitamine B12 donne une neuropathie périphérique et une sclérose combinée de la moelle, sans phénomène de facilitation à l'effort caractéristique.
  • D. Le syndrome de sécrétion inappropriée d'ADH provoque une hyponatrémie, pas un syndrome myasthénique.
  • E. Une infiltration directe des racines nerveuses donnerait un déficit sensitivomoteur radiculaire sans phénomène de facilitation à l'effort.
Point clé: Le syndrome de Lambert-Eaton, lié à des auto-anticorps anti-canaux calciques présynaptiques, est un syndrome paranéoplasique caractéristique du cancer bronchique à petites cellules.
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Un homme de 58 ans, connu pour un cancer bronchique non à petites cellules, se présente aux urgences pour un œdème du visage et du cou apparu en 48 heures, associé à une dyspnée et des céphalées. L'examen retrouve une turgescence jugulaire bilatérale, une circulation veineuse collatérale thoracique superficielle et un œdème en pèlerine. La saturation en oxygène est à 94% en air ambiant. Quelle est la mesure la plus appropriée en urgence ?

  1. ARéaliser une thoracotomie exploratrice en urgence
  2. BPositionner le patient en position demi-assise et débuter une corticothérapie intraveineuse
  3. CPratiquer une ponction pleurale évacuatrice en urgence
  4. DDébuter une diurèse forcée par furosémide intraveineux à forte dose
  5. ERéaliser une anticoagulation à dose curative immédiate sans autre exploration
Voir la réponse
Réponse: B. Positionner le patient en position demi-assise et débuter une corticothérapie intraveineuse

Le tableau clinique est celui d'un syndrome cave supérieur, complication compressive liée à l'obstruction de la veine cave supérieure par la masse tumorale ou des adénopathies médiastinales. La prise en charge initiale en urgence associe des mesures posturales (position demi-assise pour réduire la pression veineuse céphalique) et une corticothérapie intraveineuse pour diminuer l'œdème péritumoral et la compression, en attendant la confirmation diagnostique par imagerie et la mise en place d'un traitement étiologique spécifique (chimiothérapie, radiothérapie ou pose d'une endoprothèse cave selon le contexte). Ces mesures symptomatiques simples et peu invasives doivent être instaurées sans délai.

  • A. La thoracotomie exploratrice n'a aucune place dans la prise en charge urgente d'un syndrome cave supérieur d'origine tumorale.
  • C. La ponction pleurale n'a pas d'indication en l'absence d'épanchement pleural compressif associé démontré.
  • D. Les diurétiques ne traitent pas la cause obstructive et ne constituent pas le traitement de référence du syndrome cave supérieur.
  • E. L'anticoagulation curative n'est indiquée qu'en cas de thrombose cave associée confirmée, pas en première intention systématique.
Point clé: Devant un syndrome cave supérieur d'origine tumorale, la prise en charge initiale associe position demi-assise et corticothérapie intraveineuse, en attendant le traitement étiologique spécifique.
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Un patient de 68 ans suivi pour un cancer bronchique non à petites cellules métastatique en phase palliative exclusive présente une dyspnée de repos évaluée à 7/10 sur l'échelle numérique, avec une saturation en oxygène à 94 % en air ambiant. L'examen ne retrouve pas d'épanchement pleural ni de surinfection. Quelle est la mesure thérapeutique la plus adaptée en première intention pour soulager cette dyspnée ?

  1. ACorticothérapie systémique à forte dose
  2. BVentilation non invasive
  3. COxygénothérapie nasale à fort débit
  4. DMorphine orale à faible dose
  5. EBenzodiazépine par voie intraveineuse en continu
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Réponse: D. Morphine orale à faible dose

Chez un patient en soins palliatifs présentant une dyspnée sans hypoxémie sévère, les opioïdes à faible dose (morphine orale) sont le traitement de première ligne recommandé pour diminuer la perception de la dyspnée, en agissant sur la sensibilité centrale au CO2 et la perception de l'effort respiratoire. L'oxygénothérapie n'est indiquée qu'en cas d'hypoxémie significative (SpO2 < 90 %), ce qui n'est pas le cas ici. Les benzodiazépines sont réservées en deuxième intention, notamment en cas de composante anxieuse associée, et non en traitement de fond isolé.

  • A. La corticothérapie systémique n'est pas le traitement de référence de la dyspnée réfractaire en l'absence de composante obstructive ou lymphangitique identifiée.
  • B. La ventilation non invasive n'est pas adaptée en soins palliatifs pour une dyspnée sans détresse respiratoire aiguë ni insuffisance respiratoire hypercapnique.
  • C. L'oxygénothérapie n'apporte pas de bénéfice symptomatique démontré en l'absence d'hypoxémie significative.
  • E. Les benzodiazépines ne sont pas le traitement de première intention de la dyspnée isolée, elles sont réservées à la composante anxieuse associée.
Point clé: La morphine orale à faible dose est le traitement de première intention de la dyspnée réfractaire en soins palliatifs, indépendamment du niveau de saturation en oxygène.

Pathologies pleurales

3 questions
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Une femme de 55 ans consulte pour une dyspnée d'apparition progressive depuis deux semaines. L'examen clinique retrouve une matité basithoracique droite avec abolition du murmure vésiculaire. La radiographie thoracique confirme un épanchement pleural droit de moyenne abondance, sans antécédent connu. Quel est l'examen à réaliser en priorité pour orienter le diagnostic étiologique ?

  1. ADosage sanguin du NT-proBNP
  2. BBiopsie pleurale chirurgicale sous thoracoscopie
  3. CScanner thoracique injecté
  4. DPonction pleurale exploratrice avec analyse biochimique et cytologique du liquide
  5. EÉchographie pleurale
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Réponse: D. Ponction pleurale exploratrice avec analyse biochimique et cytologique du liquide

Devant tout épanchement pleural de découverte récente sans étiologie évidente, la ponction pleurale exploratrice est l'examen de première intention car elle permet une analyse biochimique (protides, LDH) indispensable pour distinguer exsudat et transsudat, ainsi qu'une analyse cytologique et bactériologique orientant directement vers l'étiologie. Les autres examens (scanner, échographie) sont des examens complémentaires utiles mais ne remplacent pas l'analyse du liquide pleural, qui reste le pivot diagnostique. La biopsie pleurale est réservée aux cas où la ponction n'a pas permis de conclure.

  • A. Le NT-proBNP oriente vers une origine cardiaque mais ne permet pas une démarche diagnostique étiologique complète à lui seul.
  • B. La biopsie pleurale chirurgicale est un examen de deuxième intention, réservé en cas de ponction non contributive.
  • C. Le scanner thoracique est utile pour préciser l'extension et rechercher une cause sous-jacente mais ne permet pas d'analyser le liquide pleural.
  • E. L'échographie pleurale guide la ponction et évalue l'abondance mais ne fournit pas d'analyse biochimique ou cytologique du liquide.
Point clé: La ponction pleurale exploratrice avec analyse biochimique et cytologique est l'examen clé de première intention devant tout épanchement pleural d'étiologie indéterminée.
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Un homme de 22 ans, grand et mince, sans antécédent, consulte aux urgences pour une douleur thoracique brutale latéralisée à gauche associée à une dyspnée d'apparition soudaine survenue au repos. La fréquence respiratoire est à 20/min, la saturation en oxygène à 97 % en air ambiant, la pression artérielle à 125/75 mmHg et la fréquence cardiaque à 88/min. L'auscultation retrouve une diminution du murmure vésiculaire à gauche avec tympanisme à la percussion. Quel est l'examen à réaliser en première intention pour confirmer le diagnostic ?

  1. AGazométrie artérielle
  2. BÉlectrocardiogramme
  3. CÉchographie pleuropulmonaire
  4. DRadiographie thoracique de face en inspiration
  5. EScanner thoracique sans injection
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Réponse: D. Radiographie thoracique de face en inspiration

Devant une suspicion clinique de pneumothorax spontané chez un sujet jeune avec un tableau typique (douleur thoracique brutale, dyspnée, diminution unilatérale du murmure vésiculaire), la radiographie thoracique de face en inspiration est l'examen de première intention car elle est rapide, peu coûteuse et permet de confirmer le diagnostic en visualisant la ligne pleurale décollée du parenchyme. Le scanner n'est indiqué qu'en cas de doute diagnostique ou pour rechercher des bulles emphysémateuses avant une éventuelle chirurgie. Le terrain (homme jeune, grand et mince) est typique du pneumothorax spontané primaire.

  • A. La gazométrie artérielle évalue le retentissement mais ne permet pas de confirmer le diagnostic de pneumothorax.
  • B. L'électrocardiogramme n'a pas d'intérêt diagnostique direct pour le pneumothorax, il est surtout utile pour éliminer un diagnostic différentiel cardiaque.
  • C. L'échographie pleuropulmonaire est surtout utilisée en contexte d'urgence vitale ou en l'absence d'accès rapide à la radiographie, elle n'est pas l'examen de référence ici.
  • E. Le scanner thoracique n'est pas l'examen de première intention, il est réservé aux cas douteux ou en bilan préopératoire.
Point clé: La radiographie thoracique de face en inspiration est l'examen de première intention pour confirmer un pneumothorax spontané chez un patient hémodynamiquement stable.
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Un homme de 71 ans, ancien ouvrier du bâtiment pendant 30 ans, consulte pour une douleur thoracique basithoracique droite d'aggravation progressive depuis trois mois, associée à une dyspnée et un amaigrissement de 6 kg. Le scanner thoracique révèle un épaississement pleural nodulaire circonférentiel droit avec épanchement associé. Quel facteur de risque professionnel doit être recherché en priorité à l'interrogatoire ?

  1. AExposition aux solvants organiques
  2. BExposition à l'amiante
  3. CExposition aux fumées de soudure
  4. DExposition à la silice
  5. EExposition aux poussières de bois
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Réponse: B. Exposition à l'amiante

Le mésothéliome pleural malin est très fortement associé à une exposition professionnelle à l'amiante, retrouvée dans la grande majorité des cas, avec un délai de latence souvent supérieur à 20-40 ans entre l'exposition et l'apparition de la maladie. L'épaississement pleural nodulaire circonférentiel associé à un épanchement chez un patient ayant travaillé dans le bâtiment est un tableau évocateur justifiant une déclaration en maladie professionnelle après confirmation histologique par biopsie pleurale. Les autres expositions professionnelles citées ne sont pas associées de façon spécifique au mésothéliome pleural.

  • A. Les solvants organiques ne sont pas un facteur de risque reconnu de mésothéliome pleural.
  • C. Les fumées de soudure sont un facteur de risque de cancer bronchique mais non spécifiquement de mésothéliome pleural.
  • D. La silice est associée à la silicose et au cancer bronchique, non spécifiquement au mésothéliome pleural.
  • E. Les poussières de bois sont associées au cancer de l'ethmoïde, non au mésothéliome pleural.
Point clé: L'exposition professionnelle à l'amiante est le principal facteur de risque du mésothéliome pleural malin, avec un long délai de latence.

Pathologie vasculaire pulmonaire

3 questions
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Un homme de 38 ans sans antécédent notable se présente aux urgences pour une douleur thoracique basithoracique d'apparition progressive depuis deux jours, sans dyspnée franche, sans tachycardie, sans signe de thrombose veineuse profonde, et sans facteur de risque identifiable. La probabilité clinique d'embolie pulmonaire est évaluée comme faible selon le score de Genève révisé. Quelle est l'étape suivante la plus appropriée dans la démarche diagnostique ?

  1. AScintigraphie pulmonaire de ventilation-perfusion
  2. BAnticoagulation empirique en attendant les résultats d'imagerie
  3. CÉchographie-doppler veineuse des membres inférieurs
  4. DAngio-scanner thoracique en urgence
  5. EDosage des D-dimères
Voir la réponse
Réponse: E. Dosage des D-dimères

Chez un patient à probabilité clinique faible ou intermédiaire d'embolie pulmonaire, la stratégie diagnostique recommandée repose en premier lieu sur le dosage des D-dimères, dont la valeur prédictive négative élevée permet d'exclure le diagnostic sans imagerie si le résultat est négatif et en-dessous du seuil ajusté à l'âge. En cas de D-dimères positifs, l'angio-scanner thoracique devient alors l'examen de confirmation diagnostique. Cette approche évite une exposition inutile aux radiations et au produit de contraste lorsque la probabilité clinique ne justifie pas d'emblée une imagerie.

  • A. La scintigraphie pulmonaire est réservée à des situations particulières (insuffisance rénale, grossesse) et non à la stratégie de première intention.
  • B. L'anticoagulation empirique n'est pas justifiée avant d'avoir établi un niveau de probabilité suffisant, elle expose à un risque hémorragique inutile.
  • C. L'échographie-doppler veineuse n'est pas l'examen de première intention en l'absence de signe clinique de thrombose veineuse profonde.
  • D. L'angio-scanner d'emblée n'est recommandé qu'en cas de probabilité clinique forte, non en cas de probabilité faible.
Point clé: En cas de probabilité clinique faible ou intermédiaire d'embolie pulmonaire, le dosage des D-dimères est l'étape de première intention avant de recourir à l'angio-scanner thoracique.
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Une femme de 58 ans est admise aux urgences pour une dyspnée aiguë. La pression artérielle est à 78/50 mmHg, la fréquence cardiaque à 128/min, la fréquence respiratoire à 30/min et la SpO2 à 89 % en air ambiant. L'angio-TDM thoracique confirme une embolie pulmonaire bilatérale proximale. Après remplissage vasculaire prudent, la pression artérielle reste à 80/52 mmHg. Quelle est la mesure thérapeutique à instaurer en priorité ?

  1. AHéparine non fractionnée intraveineuse seule
  2. BAnticoagulant oral direct d'emblée
  3. CMise en place d'un filtre cave temporaire
  4. DEmbolectomie chirurgicale en urgence différée
  5. EThrombolyse intraveineuse par altéplase
Voir la réponse
Réponse: E. Thrombolyse intraveineuse par altéplase

Cette patiente présente une embolie pulmonaire à haut risque avec état de choc persistant malgré le remplissage, défini par une PAS < 90 mmHg ou une chute tensionnelle non expliquée par une autre cause. Dans ce contexte, la thrombolyse intraveineuse par altéplase est le traitement de première intention, associée à l'héparine non fractionnée en relais. Elle permet une lyse rapide du thrombus et une amélioration hémodynamique précoce, réduisant la mortalité à la phase aiguë. L'embolectomie chirurgicale ou le traitement percutané ne sont réservés qu'en cas de contre-indication ou d'échec de la thrombolyse.

  • A. L'héparine seule ne suffit pas en cas de choc, elle doit être associée à la thrombolyse.
  • B. Les anticoagulants oraux directs ne sont pas validés en phase aiguë de choc, ils sont réservés aux formes non graves.
  • C. Le filtre cave n'a pas d'indication en première intention, il est réservé aux contre-indications à l'anticoagulation.
  • D. L'embolectomie chirurgicale est une option de seconde intention après échec ou contre-indication de la thrombolyse.
Point clé: Devant une embolie pulmonaire avec état de choc (haut risque), la thrombolyse intraveineuse est le traitement de première intention.
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Une femme de 52 ans consulte pour une dyspnée d'effort évoluant depuis 8 mois, stade NYHA II. L'auscultation cardiaque retrouve un éclat du deuxième bruit au foyer pulmonaire. L'échocardiographie transthoracique estime une pression artérielle pulmonaire systolique élevée avec dilatation des cavités droites. Quel examen est indispensable pour confirmer le diagnostic d'hypertension pulmonaire et en préciser le mécanisme hémodynamique ?

  1. AÉpreuve fonctionnelle respiratoire avec mesure des volumes
  2. BScintigraphie pulmonaire de ventilation-perfusion
  3. CAngio-TDM thoracique injectée
  4. DTest de marche de 6 minutes
  5. ECathétérisme cardiaque droit
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Réponse: E. Cathétérisme cardiaque droit

Le diagnostic de certitude de l'hypertension pulmonaire repose sur le cathétérisme cardiaque droit, qui mesure directement la pression artérielle pulmonaire moyenne au repos, définissant l'HTP par une valeur supérieure à 20 mmHg. Cet examen permet également de calculer les résistances vasculaires pulmonaires et la pression capillaire pulmonaire d'occlusion, distinguant l'hypertension pulmonaire précapillaire de la postcapillaire, orientant ainsi la prise en charge étiologique et thérapeutique. L'échocardiographie n'est qu'un examen de dépistage et d'orientation. Les autres examens participent au bilan étiologique mais ne posent pas le diagnostic hémodynamique.

  • A. Les EFR évaluent une cause respiratoire sous-jacente mais ne confirment pas l'hypertension pulmonaire.
  • B. La scintigraphie pulmonaire recherche une maladie thromboembolique chronique mais ne pose pas le diagnostic hémodynamique.
  • C. L'angio-TDM participe au bilan étiologique vasculaire mais ne mesure pas les pressions pulmonaires.
  • D. Le test de marche évalue la capacité fonctionnelle et le pronostic, pas le diagnostic hémodynamique.
Point clé: Le cathétérisme cardiaque droit est l'examen de référence pour confirmer et caractériser hémodynamiquement une hypertension pulmonaire.

Pneumopathies interstitielles

3 questions
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Un homme de 64 ans consulte pour une toux sèche et une dyspnée d'effort progressive depuis 6 mois. L'auscultation pulmonaire révèle des crépitants bilatéraux aux bases. La radiographie thoracique montre un syndrome interstitiel bibasal. Quel examen complémentaire est le plus pertinent à réaliser en première intention pour orienter le diagnostic étiologique ?

  1. ATomodensitométrie thoracique haute résolution en coupes fines
  2. BÉpreuves fonctionnelles respiratoires complètes
  3. CBiopsie pulmonaire chirurgicale sous vidéothoracoscopie
  4. DÉchocardiographie transthoracique
  5. ELavage bronchiolo-alvéolaire avec formule cellulaire
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Réponse: A. Tomodensitométrie thoracique haute résolution en coupes fines

Devant un syndrome interstitiel diffus, la tomodensitométrie thoracique haute résolution en coupes fines, sans injection, est l'examen clé de première intention. Elle précise la topographie et la nature des lésions (réticulations, rayon de miel, verre dépoli, nodules) et permet souvent d'orienter fortement vers une étiologie précise, voire de poser un diagnostic de certitude dans certains patterns typiques comme la fibrose pulmonaire idiopathique. Les autres examens (EFR, LBA, biopsie) sont utiles en complément mais réalisés secondairement selon les résultats de la TDM, dans le cadre d'une discussion multidisciplinaire.

  • B. Les EFR quantifient le retentissement fonctionnel mais n'orientent pas vers une étiologie précise.
  • C. La biopsie chirurgicale est invasive et réservée aux cas où la TDM ne permet pas de diagnostic de certitude.
  • D. L'échocardiographie recherche une cause cardiaque ou une hypertension pulmonaire associée, pas l'étiologie interstitielle.
  • E. Le LBA est un examen de deuxième intention, orienté selon les hypothèses diagnostiques issues de la TDM.
Point clé: La TDM thoracique haute résolution en coupes fines est l'examen de première intention devant un syndrome interstitiel diffus.
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Un homme de 70 ans, ancien fumeur, consulte pour une dyspnée d'effort et une toux sèche évoluant depuis un an. L'examen retrouve des crépitants secs bilatéraux prédominant aux bases, de type « velcro », et un hippocratisme digital. La TDM thoracique montre des réticulations sous-pleurales bibasales avec des images kystiques aériques groupées en couches, sans verre dépoli prédominant. Quel diagnostic est le plus probable ?

  1. ASarcoïdose pulmonaire stade IV
  2. BPneumopathie organisée cryptogénique
  3. CPneumopathie d'hypersensibilité chronique
  4. DConnectivite avec atteinte pulmonaire interstitielle
  5. EFibrose pulmonaire idiopathique
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Réponse: E. Fibrose pulmonaire idiopathique

L'association d'une dyspnée progressive, de crépitants « velcro » bibasaux, d'un hippocratisme digital chez un homme âgé fumeur, avec un aspect TDM de rayon de miel sous-pleural bibasal sans verre dépoli prédominant, est typique d'un pattern de pneumopathie interstitielle commune (PIC), évocateur de fibrose pulmonaire idiopathique. Ce pattern radiologique typique, en l'absence de cause identifiée (médicamenteuse, connectivite, exposition), permet un diagnostic de forte probabilité sans recours systématique à la biopsie, après discussion multidisciplinaire. La FPI touche préférentiellement l'homme de plus de 60 ans et a un pronostic sombre.

  • A. La sarcoïdose touche classiquement des sujets plus jeunes avec des adénopathies médiastinales et une atteinte des lobes supérieurs.
  • B. La pneumopathie organisée se manifeste par des condensations alvéolaires migratrices, pas par un rayon de miel.
  • C. La pneumopathie d'hypersensibilité chronique présente typiquement un piégeage aérique et une prédominance aux lobes supérieurs.
  • D. Une connectivite s'accompagnerait de signes systémiques et d'auto-anticorps, non mentionnés ici.
Point clé: L'aspect TDM de rayon de miel sous-pleural bibasal chez un homme âgé sans cause identifiée est typique de la fibrose pulmonaire idiopathique.
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Un éleveur de pigeons de 55 ans consulte pour une dyspnée d'effort et une toux sèche évoluant par poussées depuis plusieurs mois, s'aggravant après le nettoyage de son pigeonnier. La TDM thoracique montre un verre dépoli diffus associé à un piégeage aérique en mosaïque et quelques micronodules centrolobulaires. La recherche de précipitines sériques contre les protéines aviaires est positive. Quelle est la mesure thérapeutique prioritaire ?

  1. AAntibiothérapie probabiliste à large spectre
  2. BAntifibrotique par nintédanib au long cours
  3. CÉviction complète et définitive de l'exposition antigénique responsable
  4. DCorticothérapie orale au long cours à dose immunosuppressive
  5. EOxygénothérapie de longue durée à domicile
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Réponse: C. Éviction complète et définitive de l'exposition antigénique responsable

Le tableau clinico-radiologique et immunologique est typique d'une pneumopathie d'hypersensibilité (ou pneumopathie d'hypersensibilité chronique) liée à l'exposition aux antigènes aviaires, mécanisme d'hypersensibilité de type III et IV à des antigènes organiques inhalés de façon répétée. La mesure thérapeutique essentielle et prioritaire, conditionnant le pronostic et permettant souvent la régression des lésions, est l'éviction complète et définitive de l'exposition antigénique en cause. La corticothérapie peut être associée dans les formes symptomatiques ou fibrosantes, mais elle ne remplace jamais l'éviction, qui reste le pilier du traitement.

  • A. Il n'y a pas d'argument infectieux dans ce tableau, l'antibiothérapie n'est pas indiquée.
  • B. Le nintédanib est réservé aux formes fibrosantes progressives, en complément de l'éviction, pas en première intention isolée.
  • D. La corticothérapie peut être associée mais ne constitue pas la mesure prioritaire si l'exposition persiste.
  • E. L'oxygénothérapie n'est envisagée qu'en cas d'insuffisance respiratoire chronique avérée, non démontrée ici.
Point clé: La prise en charge de la pneumopathie d'hypersensibilité repose avant tout sur l'éviction complète et définitive de l'antigène responsable.

Troubles du sommeil et insuffisance respiratoire

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Une femme de 68 ans, ancienne fumeuse (40 paquets-années), suivie pour bronchopneumopathie chronique obstructive, consulte pour une dyspnée d'aggravation progressive depuis plusieurs mois. À l'état stable, en air ambiant, la gazométrie artérielle montre : PaO2 = 54 mmHg, PaCO2 = 46 mmHg, pH = 7,38, bicarbonates = 27 mmol/L. Quel diagnostic retenez-vous ?

  1. AInsuffisance respiratoire aiguë hypercapnique
  2. BAlcalose respiratoire chronique compensée
  3. CSyndrome d'obésité-hypoventilation
  4. DInsuffisance respiratoire chronique
  5. EEmbolie pulmonaire chronique
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Réponse: D. Insuffisance respiratoire chronique

L'insuffisance respiratoire chronique se définit par une hypoxémie artérielle chronique, PaO2 inférieure à 70 mmHg (parfois 60 mmHg selon les critères) mesurée à l'état stable à distance de toute décompensation, en air ambiant et au repos, confirmée à deux reprises. Ici, l'hypercapnie associée (PaCO2 > 45 mmHg) avec un pH normal et des bicarbonates élevés témoigne d'une compensation métabolique rénale, signant le caractère chronique de l'anomalie gazométrique. Ce tableau est typique d'une BPCO évoluée avec insuffisance respiratoire chronique hypercapnique.

  • A. Le pH normal et la compensation métabolique par élévation des bicarbonates excluent une décompensation aiguë.
  • B. Il existe une hypercapnie et non une hypocapnie, ce qui exclut une alcalose respiratoire.
  • C. Aucun élément évoquant une obésité n'est mentionné, le contexte est celui d'une BPCO tabagique.
  • E. Rien dans l'énoncé n'oriente vers une maladie thromboembolique chronique, et le contexte est celui d'une BPCO connue.
Point clé: L'insuffisance respiratoire chronique se définit par une hypoxémie chronique confirmée à l'état stable en air ambiant à deux reprises.

Détresse respiratoire aiguë

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Un homme de 45 ans est amené aux urgences pour une dyspnée brutale. À l'examen : fréquence respiratoire à 34/min, utilisation des muscles sterno-cléido-mastoïdiens, tirage intercostal, respiration abdominale paradoxale, sueurs profuses, et le patient ne peut plus prononcer de phrase complète. La SpO2 est à 88 % en air ambiant. Quel élément de cet examen signe la gravité extrême nécessitant une prise en charge ventilatoire immédiate ?

  1. ALa respiration abdominale paradoxale
  2. BLa SpO2 à 88 %
  3. CLes sueurs profuses
  4. DLa fréquence respiratoire à 34/min
  5. ELe tirage intercostal
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Réponse: A. La respiration abdominale paradoxale

La respiration abdominale paradoxale (asynchronisme thoraco-abdominal, avec dépression de l'abdomen à l'inspiration) traduit un épuisement diaphragmatique majeur et annonce un arrêt respiratoire imminent. C'est un signe de lutte de gravité extrême, supérieur en valeur pronostique aux autres signes de lutte comme le tirage ou la polypnée isolée. Sa présence impose une ventilation assistée en urgence, sans attendre d'autres examens. Les autres signes présents sont des signes de gravité mais de moindre valeur pronostique immédiate que l'asynchronisme thoraco-abdominal.

  • B. Une SpO2 basse est un signe de gravité mais reflète l'hypoxémie, pas directement l'épuisement des muscles respiratoires.
  • C. Les sueurs traduisent l'hypercapnie et la détresse mais ne sont pas spécifiques de l'épuisement respiratoire.
  • D. La polypnée est un signe de détresse mais de valeur pronostique moindre que l'asynchronisme thoraco-abdominal.
  • E. Le tirage intercostal est un signe de lutte important mais ne traduit pas l'épuisement musculaire imminent comme le signe paradoxal.
Point clé: La respiration abdominale paradoxale traduit l'épuisement diaphragmatique et annonce un arrêt respiratoire imminent.
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Une femme de 58 ans se présente aux urgences pour une dyspnée d'apparition brutale il y a deux heures, associée à une douleur basithoracique droite augmentée à l'inspiration. Elle est opérée d'une prothèse de genou il y a dix jours. La fréquence cardiaque est à 115/min, la pression artérielle à 118/74 mmHg, la SpO2 à 91 % en air ambiant, et la température à 37,1°C. L'auscultation pulmonaire est normale. Quel diagnostic faut-il évoquer en priorité ?

  1. AEmbolie pulmonaire
  2. BŒdème aigu pulmonaire cardiogénique
  3. CPneumopathie infectieuse
  4. DPneumothorax spontané
  5. EExacerbation d'asthme
Voir la réponse
Réponse: A. Embolie pulmonaire

Le contexte post-opératoire récent (chirurgie orthopédique de moins de quinze jours) constitue un facteur de risque majeur de maladie thromboembolique veineuse. L'association d'une dyspnée brutale, d'une douleur thoracique de type pleurale, d'une tachycardie et d'une hypoxémie avec auscultation pulmonaire normale est très évocatrice d'une embolie pulmonaire. Ce tableau impose le calcul d'un score de probabilité clinique (score de Genève révisé ou de Wells) puis la réalisation d'un angioscanner thoracique ou d'un dosage des D-dimères selon la probabilité. L'absence de fièvre et d'anomalie auscultatoire rend les autres diagnostics moins probables.

  • B. L'absence de signes congestifs et de cardiopathie connue rend l'œdème cardiogénique peu probable, et la douleur pleurale n'est pas typique.
  • C. L'absence de fièvre et la normalité de l'auscultation rendent une pneumopathie infectieuse moins probable.
  • D. Le pneumothorax spontané touche classiquement des sujets jeunes minces et s'accompagne d'une abolition du murmure vésiculaire, absente ici.
  • E. Il n'y a pas d'antécédent d'asthme ni de sibilants à l'auscultation.
Point clé: Devant une dyspnée aiguë avec douleur pleurale chez un patient à risque thromboembolique, évoquer en priorité l'embolie pulmonaire.
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Un patient de 60 ans, sous ventilation mécanique invasive pour une pneumopathie bilatérale sévère depuis 48 heures, présente une hypoxémie profonde. Avec une PEP à 8 cmH2O, le rapport PaO2/FiO2 est mesuré à 110 mmHg. La radiographie thoracique montre des opacités alvéolaires bilatérales non expliquées par une surcharge hydrosodée. Quelle est la stratégie ventilatoire à privilégier ?

  1. AVentilation en volume courant élevé (10-12 mL/kg de poids idéal) pour limiter l'hypercapnie
  2. BVentilation protectrice avec volume courant bas (6 mL/kg de poids idéal) et PEP adaptée
  3. CVentilation en mode contrôlé avec pression de plateau supérieure à 35 cmH2O
  4. DVentilation spontanée en pression positive continue sans aide inspiratoire
  5. EExtubation précoce avec relais par oxygénothérapie à haut débit
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Réponse: B. Ventilation protectrice avec volume courant bas (6 mL/kg de poids idéal) et PEP adaptée

Ce patient répond aux critères de Berlin du SDRA modéré : installation aiguë (moins d'une semaine), opacités bilatérales non expliquées par une insuffisance cardiaque, et rapport PaO2/FiO2 compris entre 100 et 200 mmHg sous PEP ≥ 5 cmH2O. La ventilation protectrice avec un volume courant bas (6 mL/kg de poids idéal théorique) et une pression de plateau limitée (< 30 cmH2O) réduit le risque de lésions pulmonaires induites par la ventilation et améliore la survie, selon les recommandations issues de l'étude ARDSNet. La PEP doit être réglée pour optimiser le recrutement alvéolaire tout en limitant la surdistension.

  • A. Un volume courant élevé majore le risque de lésions pulmonaires induites par la ventilation (volotraumatisme) et est délétère dans le SDRA.
  • C. Une pression de plateau supérieure à 35 cmH2O est délétère et contraire au principe de ventilation protectrice (objectif < 30 cmH2O).
  • D. Un SDRA modéré nécessite une ventilation mécanique invasive contrôlée, la ventilation spontanée seule est insuffisante à ce stade.
  • E. L'extubation est contre-indiquée devant une hypoxémie sévère et un SDRA non résolu.
Point clé: Le SDRA se définit par les critères de Berlin et impose une ventilation protectrice à faible volume courant (6 mL/kg) avec pression de plateau limitée.

[BPCO] Réhabilitation respiratoire : indications et bénéfices — angle: prise en

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Un homme de 68 ans, ancien fumeur (40 paquets-années), suivi pour une bronchopneumopathie chronique obstructive de stade GOLD II, consulte pour une dyspnée persistante malgré un traitement bronchodilatateur optimal. Il rapporte une limitation progressive de ses activités quotidiennes et un score mMRC à 2. Les épreuves fonctionnelles respiratoires sont stables depuis un an. Quelle est la mesure thérapeutique à proposer en priorité ?

  1. AVentilation non invasive nocturne
  2. BCorticothérapie orale au long cours
  3. COxygénothérapie de longue durée à domicile
  4. DAntibioprophylaxie au long cours
  5. ERéhabilitation respiratoire
Voir la réponse
Réponse: E. Réhabilitation respiratoire

La réhabilitation respiratoire est indiquée chez tout patient BPCO présentant une dyspnée ou une limitation fonctionnelle à l'effort malgré un traitement pharmacologique optimal, quel que soit le stade GOLD. Elle associe réentraînement à l'exercice, kinésithérapie respiratoire, éducation thérapeutique, prise en charge nutritionnelle et psychosociale. Elle améliore la tolérance à l'effort, la qualité de vie et réduit les exacerbations et les hospitalisations. Elle n'est pas conditionnée par la sévérité de l'obstruction mais par le retentissement fonctionnel.

  • A. La VNI nocturne est indiquée en cas d'hypercapnie chronique sévère, non évoquée ici.
  • B. La corticothérapie orale au long cours n'a pas d'indication dans la BPCO stable et expose à des effets secondaires majeurs.
  • C. L'oxygénothérapie de longue durée est réservée aux patients en insuffisance respiratoire chronique avec hypoxémie sévère documentée par gazométrie.
  • D. L'antibioprophylaxie au long cours n'est pas recommandée en première intention chez ce patient stable.
Point clé: La réhabilitation respiratoire est indiquée chez tout patient BPCO dyspnéique ou limité dans ses activités malgré un traitement optimal, indépendamment du stade GOLD.

[Infections respiratoires basses] Diagnostic de pneumonie aiguë communautaire (s

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Une femme de 45 ans, sans antécédent, consulte pour une fièvre à 39,2 °C évoluant depuis 2 jours, associée à une toux productive et une douleur thoracique basithoracique droite augmentée à l'inspiration. La fréquence respiratoire est à 24/min, la fréquence cardiaque à 102/min, la saturation en oxygène à 95 % en air ambiant. L'auscultation pulmonaire met en évidence un foyer de crépitants en base droite avec un souffle tubaire. Quel examen permet de confirmer le diagnostic évoqué ?

  1. AScanner thoracique sans injection
  2. BÉchographie pleuropulmonaire
  3. CDosage de la procalcitonine
  4. DNumération formule sanguine
  5. ERadiographie thoracique de face
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Réponse: E. Radiographie thoracique de face

Le diagnostic de pneumonie aiguë communautaire repose sur l'association de signes cliniques évocateurs (fièvre, toux, douleur thoracique, foyer auscultatoire) et d'une opacité parenchymateuse récente à la radiographie thoracique de face, examen de première intention recommandé par la HAS. Elle permet de confirmer le foyer, d'en préciser la topographie et de rechercher des complications (épanchement pleural, excavation). Le scanner n'est pas systématique et est réservé aux cas douteux ou compliqués. La biologie n'est pas indispensable au diagnostic positif en ambulatoire.

  • A. Le scanner thoracique n'est pas l'examen de première intention et est réservé aux doutes diagnostiques ou aux complications.
  • B. L'échographie pleuropulmonaire est un outil d'appoint, non recommandé en première intention pour le diagnostic de PAC en pratique courante.
  • C. La procalcitonine aide à la décision d'antibiothérapie mais ne pose pas le diagnostic positif de pneumonie.
  • D. La NFS n'est pas indispensable au diagnostic positif et ne permet pas de visualiser le foyer pulmonaire.
Point clé: La radiographie thoracique de face est l'examen de première intention pour confirmer le diagnostic de pneumonie aiguë communautaire.

[Infections respiratoires basses] Antibiothérapie probabiliste de première inten

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Un homme de 35 ans, sans comorbidité, consulte pour une pneumonie aiguë communautaire non grave confirmée radiologiquement, avec un score CRB65 à 0. Il n'a pas d'allergie connue et n'a pas reçu d'antibiotique dans les 3 derniers mois. Quelle antibiothérapie probabiliste faut-il débuter en première intention par voie orale ?

  1. AAmoxicilline-acide clavulanique
  2. BLévofloxacine
  3. CCeftriaxone
  4. DAmoxicilline
  5. ESpiramycine
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Réponse: D. Amoxicilline

Chez l'adulte jeune sans comorbidité présentant une PAC non grave prise en charge en ambulatoire, le pneumocoque reste le pathogène le plus fréquent et le plus redouté. L'amoxicilline à la dose de 1 g trois fois par jour par voie orale constitue le traitement probabiliste de première intention selon les recommandations de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF). Elle couvre efficacement le pneumocoque, principale cause de décès évitable par antibiothérapie précoce. Une réévaluation clinique est prévue à 48-72 heures.

  • A. L'association amoxicilline-acide clavulanique n'apporte pas de bénéfice supplémentaire en première intention chez le sujet jeune sans comorbidité.
  • B. La lévofloxacine est réservée aux situations d'échec ou à des contextes particuliers, non en première intention chez le sujet sans facteur de risque.
  • C. La ceftriaxone, par voie injectable, n'a pas d'indication en première intention chez un patient ambulatoire sans signe de gravité.
  • E. La spiramycine, active sur les germes atypiques, n'est pas le traitement de première intention car elle ne couvre pas efficacement le pneumocoque.
Point clé: L'amoxicilline par voie orale est l'antibiothérapie probabiliste de première intention de la PAC non grave ambulatoire de l'adulte sans comorbidité.

[Infections respiratoires basses] Pneumonie à Legionella : contexte, diagnostic

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Un homme de 58 ans, de retour d'un séjour en hôtel avec spa, présente une fièvre à 39,5 °C, des myalgies diffuses, une confusion modérée et une diarrhée depuis 3 jours. La radiographie thoracique montre une opacité alvéolaire systématisée du lobe inférieur gauche. Le bilan biologique révèle une hyponatrémie à 128 mmol/L et une cytolyse hépatique modérée. Quel examen permet d'obtenir le diagnostic le plus rapidement ?

  1. AAntigénurie Legionella pneumophila
  2. BSérologie Legionella pneumophila
  3. CCulture des sécrétions bronchiques sur milieu BCYE
  4. DHémocultures
  5. EPCR Mycoplasma pneumoniae sur prélèvement nasopharyngé
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Réponse: A. Antigénurie Legionella pneumophila

Le tableau associant un contexte évocateur (eau chaude, climatisation, spa), des signes extra-respiratoires (confusion, diarrhée, myalgies) et des anomalies biologiques caractéristiques (hyponatrémie, cytolyse hépatique) oriente fortement vers une légionellose. L'antigénurie Legionella pneumophila sérogroupe 1, qui représente la majorité des cas, est l'examen de référence car elle est rapide, simple à réaliser et sensible dès les premiers jours de la maladie. Elle reste positive plusieurs semaines après le début des symptômes, ce qui en fait l'outil diagnostique de première intention en pratique clinique.

  • B. La sérologie nécessite un délai de plusieurs semaines pour l'ascension des anticorps et n'est pas adaptée au diagnostic rapide en phase aiguë.
  • C. La culture sur milieu BCYE est spécifique mais lente, avec un résultat obtenu en plusieurs jours, moins adaptée à l'urgence diagnostique.
  • D. Les hémocultures ne permettent pas d'isoler Legionella pneumophila en pratique courante, cette bactérie ne poussant pas sur les milieux usuels.
  • E. Le tableau clinico-biologique oriente vers Legionella et non vers Mycoplasma pneumoniae, qui ne s'accompagne pas typiquement d'hyponatrémie ou de cytolyse hépatique.
Point clé: L'antigénurie Legionella pneumophila sérogroupe 1 est l'examen de première intention pour le diagnostic rapide de la légionellose.

[Infections respiratoires basses] Pleurésie purulente compliquant une pneumonie

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Un homme de 50 ans, hospitalisé depuis 4 jours pour une pneumonie aiguë communautaire sous antibiothérapie adaptée, présente une persistance de la fièvre à 38,6 °C et une majoration de la douleur thoracique. La radiographie thoracique montre un épanchement pleural droit de moyenne abondance. Une ponction pleurale ramène un liquide trouble et purulent. Quelle est la conduite à tenir immédiate concernant cet épanchement ?

  1. ASurveillance radiologique simple sous antibiothérapie
  2. BPleurodèse chimique immédiate
  3. CMajoration de la posologie de l'antibiotique en cours
  4. DDrainage thoracique
  5. ECorticothérapie intrapleurale
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Réponse: D. Drainage thoracique

L'aspect macroscopiquement purulent du liquide pleural signe une pleurésie purulente, complication nécessitant un drainage thoracique en urgence associé à la poursuite ou à l'adaptation de l'antibiothérapie. Le drainage permet l'évacuation du pus, limite le risque d'enkystement et de constitution d'une pachypleurite, et favorise la ré-expansion pulmonaire. Une simple surveillance expose à un risque d'évolution défavorable avec organisation de la cavité pleurale. Le drainage doit être associé à des rinçages et à une kinésithérapie respiratoire adaptée.

  • A. Un liquide franchement purulent impose un geste évacuateur, une surveillance simple exposerait à un enkystement.
  • B. La pleurodèse est un geste réservé aux épanchements récidivants, non indiqué en phase aiguë d'une pleurésie purulente.
  • C. Le problème principal est mécanique, l'évacuation du pus, et non uniquement une question de posologie antibiotique.
  • E. La corticothérapie intrapleurale n'a pas d'indication validée dans la prise en charge de la pleurésie purulente.
Point clé: Toute pleurésie purulente parapneumonique impose un drainage thoracique associé à l'antibiothérapie.

[Infections respiratoires basses] Suivi et critères de non-réponse à 48-72h d'un

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Une femme de 70 ans, hospitalisée pour une pneumonie aiguë communautaire, reçoit depuis 60 heures une antibiothérapie probabiliste bien conduite par amoxicilline-acide clavulanique intraveineux. À la réévaluation, la température reste à 38,9 °C, la fréquence respiratoire est passée de 26 à 30/min et l'état général s'est dégradé. Quelle est la conduite à tenir ?

  1. ARéaliser un bilan de réévaluation avec imagerie thoracique et recherche étiologique
  2. BRemplacer l'antibiotique par une monothérapie orale
  3. CArrêter l'antibiothérapie en raison d'une probable origine virale
  4. DPoursuivre la même antibiothérapie encore 48 heures
  5. EAttendre la défervescence spontanée sans modifier la prise en charge
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Réponse: A. Réaliser un bilan de réévaluation avec imagerie thoracique et recherche étiologique

L'absence d'amélioration clinique, voire l'aggravation, à 48-72 heures d'une antibiothérapie bien conduite définit un échec thérapeutique et impose une réévaluation complète. Celle-ci comprend une nouvelle imagerie thoracique à la recherche d'une complication (épanchement pleural, abcédation, excavation) et des investigations microbiologiques complémentaires (hémocultures, antigénuries, recherche de germes résistants ou atypiques) pour adapter secondairement l'antibiothérapie. Poursuivre sans réévaluer ou simplifier le traitement expose à un retard de prise en charge d'une complication ou d'un germe non couvert.

  • B. Un passage à une monothérapie orale est inadapté devant une aggravation clinique nécessitant au contraire une réévaluation approfondie.
  • C. Rien n'oriente vers une origine virale, et l'arrêt de l'antibiothérapie devant une aggravation clinique serait dangereux.
  • D. Poursuivre sans réévaluation expose à méconnaître une complication ou un germe non couvert par le traitement initial.
  • E. L'aggravation clinique impose une action diagnostique et thérapeutique, non une simple attente.
Point clé: Toute absence d'amélioration ou aggravation clinique à 48-72 heures d'une PAC bien traitée impose une réévaluation clinique, radiologique et microbiologique.

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