Sommaire · 12 sections
- 1. Muscles du bassin
- 2. Groupe antérieur des muscles de la cuisse
- 3. Groupe médial des muscles de la cuisse
- 4. Groupe postérieur des muscles de la cuisse (ischio-jambiers)
- 5. Groupe antérieur des muscles de la jambe
- 6. Groupe latéral des muscles de la jambe
- 7. Groupe postérieur des muscles de la jambe
- 8. Innervation : nerfs principaux
- 9. Tests cliniques clés
- 10. Neuropathies et compressions
- 11. Myopathies des membres inférieurs
- 12. FAQ
En bref. Les muscles du membre inférieur sont répartis en groupes selon leur fonction et leur innervation. Hanche : fessiers (L4-S2, extension/abduction), ilio-psoas (L1-L3 + nerf fémoral, flexion). Cuisse : antérieur (quadriceps — L2-L4, nerf fémoral, extension du genou), postérieur (biceps fémoral, semi-tendineux, semi-membraneux — L5-S2, nerf ischiatique, flexion du genou), médial (adducteurs — L2-L4, nerf obturateur). Jambe : antérieur (L4-L5, flexion dorsale, nerf fibulaire profond), postérieur (S1-S2, flexion plantaire, nerf tibial). Clinique : syndrome du piriforme, neuropathies canalaires, test de Trendelenburg en cas de faiblesse du m. gluteus medius.
1. Muscles du bassin
Groupe interne
- Ilio-psoas (m. iliopsoas) : muscle iliaque + grand psoas ; flexion de la cuisse ; innervation — nerf fémoral et branches directes L1-L3.
- Petit psoas — rudimentaire.
Groupe externe (région fessière)
- Grand fessier (m. gluteus maximus) — extension, rotation externe ; nerf fessier inférieur (L5-S2).
- Moyen fessier (m. gluteus medius) — abduction, stabilisation du bassin à la marche ; nerf fessier supérieur (L4-S1). Faiblesse → signe de Trendelenburg.
- Petit fessier (m. gluteus minimus) — abduction, rotation interne.
- Piriforme (m. piriformis) — rotation externe ; passe par la grande ouverture ischiatique ; peut comprimer le nerf ischiatique (syndrome du piriforme).
- Tensaura du fascia lata (m. tensor fasciae latae) — abduction, flexion ; nerf fessier supérieur.
2. Groupe antérieur des muscles de la cuisse
- Quadriceps fémoral (m. quadriceps femoris) : droit fémoral + 3 vastes (latéral, médial, intermédiaire). Extension du genou ; le droit fémoral assure également la flexion de la cuisse.
- Sartorius (m. sartorius) — flexion de la cuisse et du genou + rotation externe ; le muscle le plus long.
- Innervation — nerf fémoral (L2-L4).
- Réflexe rotulien — test des segments L3-L4.
3. Groupe médial des muscles de la cuisse
- Muscle pectiné (m. pectineus) — adduction + flexion ; nerf fémoral, parfois nerf obturateur.
- Gracile (m. gracilis) — adduction ; nerf obturateur.
- Long adducteur (m. adductor longus).
- Court adducteur (m. adductor brevis).
- Grand adducteur (m. adductor magnus) — innervation mixte : nerf obturateur + branche du nerf ischiatique.
- Innervation du groupe — nerf obturateur (L2-L4).
4. Groupe postérieur des muscles de la cuisse (ischio-jambiers)
- Biceps fémoral (m. biceps femoris) — chefs long et court ; flexion du genou, rotation externe de la jambe genou fléchi.
- Semi-tendineux (m. semitendinosus).
- Semi-membraneux (m. semimembranosus).
- Fonction : extension de la cuisse, flexion du genou.
- Innervation — composante tibiale du nerf ischiatique (L5-S2) ; chef court du biceps — nerf fibulaire commun.
5. Groupe antérieur des muscles de la jambe
- Tibial antérieur (m. tibialis anterior) — flexion dorsale, inversion du pied. Marqueur clé L4-L5.
- Long extenseur de l'hallux (m. extensor hallucis longus) — test L5.
- Long extenseur des orteils (m. extensor digitorum longus).
- Troisième fibulaire (m. peroneus tertius).
- Innervation — nerf fibulaire profond (L4-S1).
- Paralysie en cas d'atteinte de L5 — steppage (chute du pied).
6. Groupe latéral des muscles de la jambe
- Long fibulaire (m. peroneus longus).
- Court fibulaire (m. peroneus brevis).
- Fonction : éversion du pied, flexion plantaire.
- Innervation — nerf fibulaire superficiel (L5-S1).
- Nerf fibulaire superficiel — sensibilité de la face dorsale du pied (sauf le 1er espace interdigital, innervé par le nerf fibulaire profond).
7. Groupe postérieur des muscles de la jambe
- Couche superficielle :
- — Gastrocnémien (m. gastrocnemius) — chefs médial et latéral, franchit l'articulation du genou.
- — Soléaire (m. soleus) — plus profond que le gastrocnémien, ne franchit pas l'articulation du genou.
- — Plantaire (m. plantaris) — rudimentaire.
- Couche profonde :
- — Poplité (m. poplité) : « déverrouille » le genou au début de la flexion.
- — Long fléchisseur des orteils (m. flexor digitorum longus).
- — Long fléchisseur de l'hallux (m. flexor hallucis longus).
- — Tibial postérieur (m. tibialis posterior) : inversion et flexion plantaire.
- Innervation : nerf tibial (S1-S2).
- Réflexe achilléen : test de S1.
8. Innervation : principaux nerfs
| Nerf | Segments | Zone |
|---|---|---|
| Fémoral | L2-L4 | Loge antérieure de la cuisse + ilio-psoas |
| Obturateur | L2-L4 | Loge médiale de la cuisse |
| Sciatique (commun) | L4-S3 | Loge postérieure de la cuisse + jambe + pied |
| Tibial (issu du sciatique) | L4-S3 | Loge postérieure de la jambe + plante du pied |
| Fibulaire commun | L4-S2 | Chef court du m. biceps fémoral ; se divise en profond et superficiel |
| Fibulaire profond | L4-S1 | Loge antérieure de la jambe |
| Fibulaire superficiel | L5-S1 | Loge latérale de la jambe |
| Glutéal supérieur | L4-S1 | Gluteus medius, minimus, TFL |
| Glutéal inférieur | L5-S2 | Gluteus maximus |
9. Tests cliniques clés
- Signe de Trendelenburg : le bassin s'abaisse du côté opposé lors de l'appui monopodal ; atteinte du m. glutéal moyen ou du nerf glutéal supérieur (L5).
- Signe de Gowers : « manœuvre de l'escalier » pour se relever de la position couché ; myopathie proximale (Duchenne).
- Test de Lasègue : élévation de la jambe tendue, douleur avant 60° — radiculopathie L5/S1.
- Test de Wasserman : en décubitus ventral, extension de la cuisse → douleur en L3-L4.
- Test de Patrick (FABER) : flexion-abduction-rotation externe ; douleur en cas de coxarthrose ou de sacro-iléite.
- Tests de lésion méniscale : McMurray, Apley.
10. Neuropathies et syndromes canalaires
- Nerf cutané latéral de la cuisse (mérylalgie paresthésique) : compression sous le ligament inguinal ; brûlures et paresthésies à la face antérolatérale de la cuisse.
- Nerf fibulaire commun : compression au niveau du col de la fibula ; steppage (pied tombant).
- Syndrome du piriforme : compression du nerf sciatique ; douleur fessière irradiant dans le membre inférieur.
- Syndrome du tunnel tarsien : nerf tibial en arrière de la malléole médiale ; paresthésies de la plante du pied.
- Nerf fémoral (hématome du m. iliopsoas chez les patients sous anticoagulants) : faiblesse du quadriceps, ↓ du réflexe rotulien.
11. Myopathies des membres inférieurs
- Dystrophies musculaires de Duchenne et de Becker : faiblesse des muscles proximaux ; pseudohypertrophie des mollets.
- Lévy-Déjerine : myopathie facio-scapulo-humérale, atteignant les membres inférieurs lors de la progression.
- Myosites (poly-/dermatomyosite) : faiblesse symétrique, ↑ de la créatine kinase (CK).
- Statines et autres médicaments → myopathie médicamenteuse.
- Syndrome des loges antérieur (équivalent de la contracture ischémique de Volkmann à la jambe) : lors de fractures ouvertes/fermées ; fasciotomie en urgence.
12. FAQ
Pourquoi une lésion de L5 entraîne-t-elle un « steppage » ?
La racine L5 innerve les muscles antérieurs de la jambe (m. tibial antérieur, m. long extenseur de l'hallux) — leur faiblesse entraîne une impossibilité d'effectuer la flexion dorsale, provoquant un « steppage » à la marche.
Comment différencier une compression du nerf sciatique au niveau L5/S1 et au niveau du muscle piriforme ?
Radiculopathie L5/S1 : douleur rachidienne irradiante, test de Lasègue positif, souvent avec ↓ des réflexes et déficit sensitivomoteur systématisé. Syndrome du piriforme : douleur fessière, ↑ en position assise prolongée, test FAIR positif (flexion-adduction-rotation interne).
Pourquoi le quadriceps est-il le principal extenseur du genou ?
Les 4 chefs musculaires se rejoignent en un tendon commun s'insérant sur la tubérosité tibiale via la patella (tendon quadricipital — patella — ligament patellaire). Bras de levier puissant et grande surface de section transversale.
Pourquoi la lésion méniscale est-elle une blessure fréquente ?
Les ménisques médial (en forme de C, solidement fixé) et latéral (en forme de O, plus mobile). Lors de mouvements de torsion sur un membre inférieur en charge, il se produit une pression asymétrique → rupture (le plus souvent du ménisque médial). Diagnostic par IRM ; traitement par méniscectomie arthroscopique ou suture.
Comment le test de Trendelenburg met-il en évidence une pathologie ?
Le patient est en appui monopodal → normalement, le bassin s'élève du côté opposé (action du m. glutéal moyen du côté porteur). En cas de faiblesse musculaire (ou de lésion de L5), le bassin s'abaisse — signe positif. Important : il est recommandé de tester les deux côtés.
Voir aussi : Dermatomes et myotomes · Hernies discales · Ostéoarthrite du genou · Plexus lombo-sacré · Catalogue d'anatomie